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13/11/2012 06:38 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Conflit étudiant : demande d'enquête publique sur les opérations policières

Les trois associations étudiantes qui étaient à l'avant-scène de la grève ainsi qu'une trentaine d'organismes demanderont aujourd'hui au gouvernement Marois de tenir une commission d'enquête publique sur les opérations policières pendant le conflit étudiant.

Se disant « déçu que les multiples demandes d'enquête » soient restées lettre morte, un regroupement de plus d'une trentaine d'organisations et de réseaux représentant des dizaines de milliers de personnes interpelle maintenant la première ministre du Québec.

En l'absence d'une commission d'enquête publique, les organisations estiment que « la répression du printemps risque de se répéter ». Elles tiendront une conférence de presse ce matin à Montréal pour demander une rencontre avec Pauline Marois.

S'il semble y avoir unanimité sur la question, l'idée de demander l'abandon de toutes les poursuites judiciaires en lien avec le conflit étudiant est toutefois loin d'être partagée par tous.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui avait fondé la CLASSE pendant le conflit, est la seule à demander une amnistie générale.

Le collectif des Profs contre la hausse partage leurs revendications, alors que la Ligue des droits et libertés réfléchit encore à la question. Mais du côté des fédérations étudiantes, on refuse de demander l'amnistie pour ceux qui ont commis des actes violents.

« L'amnistie pour les gens qui étaient dans des manifestations pacifiques, oui. Pour les autres, ben malheureusement, ils ont pris la décision de faire des actes de violence, de faire des actes passibles de poursuites criminelles, alors ils devront faire face à la musique », indique la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

Amnistie internationale rejette aussi l'idée qui, de toute façon, est impossible à réaliser légalement, selon le directeur de la clinique juridique Juripop, Marc-Antoine Cloutier.

« Le ministre de la Justice ne peut pas intervenir. Il ne peut pas faire une amnistie généralisée. Il ne peut pas juste dire : "abandonnez les poursuites", sans regarder les gestes qui sont reprochés aux personnes qui ont été accusées », souligne M. Cloutier.

Les décisions d'aller de l'avant ou non avec les poursuites seront prises, selon lui, lors des négociations entre les procureurs et les directeurs des poursuites et pénales au cours des prochains mois.

Avec les informations de René Saint-Louis