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12/11/2012 09:49 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST

Une militante saoudienne saisit la justice pour avoir le droit de conduire

Une militante saoudienne a indiqué lundi à l'AFP avoir introduit un recours auprès d'un tribunal pour demander l'annulation par le ministère de l'Intérieur d'une décision administrative interdisant aux femmes de conduire.

Il s'agit de la troisième femme à attaquer cette année le ministère de l'Intérieur en justice pour le même motif, après Manal al-Chérif, icône d'une campagne lancée en 2011 sur internet pour inciter les Saoudiennes à braver l'interdiction de conduire, et Samar Badaoui, une militante des droits de l'Homme.

"J'ai introduit un recours contre le département du trafic routier, dépendant du ministère de l'Intérieur, auprès du tribunal de Dammam (est)", a affirmé à l'AFP Nassima Al-Sadah, qui milite pour le droits des femmes à conduire.

La militante, qui habite dans la province orientale d'Arabie saoudite, a indiqué avoir tenté sans succès d'obtenir un permis de conduire de la direction du trafic routier.

"Pour celui qui a accordé aux femmes le droit de vote aux élections municipales, il doit être facile de décider de leur accorder le droit de conduire", a-t-elle ajouté dans une référence au roi Abdallah.

L'Arabie saoudite, qui applique une interprétation rigoriste de l'islam, est le seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire.

Des militantes avaient lancé en juin 2011 une campagne pour braver cette interdiction. Depuis, plusieurs d'entre elles ont pris le volant et certaines ont été forcées par la police à signer un engagement à ne plus récidiver, selon des militantes.

En juin 2012, des militantes avaient appelé à nouveau à défier l'interdiction de conduire à l'occasion du premier anniversaire de la campagne, mais avaient annulé leur appel à la suite de la mort du prince héritier, adressant une pétition au roi.

Les femmes doivent engager un chauffeur ou, si elles n'en ont pas les moyens, dépendre du bon vouloir des hommes de leur famille. Elles sont en outre obligées de sortir voilées et ne peuvent voyager sans l'escorte de leur mari ou d'un proche.

Dans leur pétition, les militantes ont appelé le souverain à autoriser "les femmes ayant des permis de conduire de pays étrangers à commencer à prendre le volant lorsque cela est nécessaire", et à permettre "l'ouverture d'auto-écoles réservées aux femmes et de leur permettre d'obtenir des permis de conduire".

Le roi Abdallah, un prudent réformateur, a accordé le droit de vote aux femmes à partir des prochaines élections municipales en 2015.

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