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12/11/2012 04:00 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST

ONU: réélu, Washington promet de réformer le Conseil des droits de l'homme

Les Etats-Unis ont été réélus lundi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU au terme d'un scrutin âprement disputé, promettant de réformer le mode très contesté de renouvellement des membres de cette institution basée à Genève.

Les Etats-Unis, qui achèvent un mandat de 3 ans le 31 décembre, ont été réélus pour siéger à partir du 1er janvier 2013 avec les 46 autres membres du Conseil des droits de l'homme. En tout, 18 nouveaux pays ont été élus lundi par l'Assemblée générale des nations unies.

Mais des groupes de défense des droits de l'homme ont critiqué ces élections qui se font sur une base régionale, faisant valoir que seuls les Occidentaux avaient joué le jeu démocratique. Dans les autres régions, selon eux, le vote était fait d'avance.

"Parler d'élections au Conseil des droits de l'homme est un bien grand mot", a déploré Peggy Hicks, membre de l'association Human Rights Watch. "Tant qu'il n'y aura pas une réelle compétition pour obtenir un siège au Conseil des droits de l'homme, les règles pour en devenir membre resteront théoriques".

Le Venezuela et le Pakistan, dont le bilan en termes de droits de l'homme est contesté, ont été élus avec plus de voix que les Etats-Unis, l'Allemagne ou l'Irlande, qui concourraient pour les pays occidentaux.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a estimé que "la compétition avait été très serrée", donnant raison aux experts qui affirmaient que les Etats-Unis avaient failli perdre leur place en raison d'une campagne tardive.

La chef de la diplomatie américaine ainsi que l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Susan Rice, se sont engagées à poursuivre la réforme du conseil.

"Alors qu'il reste beaucoup de travail, notamment pour mettre fin à l'attention partiale et disproportionnée du Conseil sur Israël, nous avons hâte de travailler avec les autres pays membres pour traiter des problèmes des droits de l'homme et pour nous assurer que le Conseil respecte pleinement ses promesses", a affirmé Mme Clinton dans un communiqué.

Sous George W. Bush, les Etats-Unis avaient boycotté l'institution, puis ils ont été élus il y a trois ans.

"Les Etats-Unis partagent l'avis que le Conseil a des défauts", a affirmé Mme Rice. "Mais c'est aussi une institution qui n'a de cesse de montrer son utilité et nous sommes fiers d'avoir participé à ce que nous estimons être ses plus grands moments", a-t-elle ajouté, citant les prises de position du conseil sur la Syrie, le Soudan ou encore la Libye.

L'Allemagne a fait valoir par la voix de son ambassadeur, Peter Wittig, que la compétition ouverte entre les pays occidentaux devrait "servir d'exemple aux autres groupes régionaux".

Dans le groupe occidental, 5 pays concourraient pour 3 places. Mais dans les autres régions, il y avait autant de candidats que de sièges, grâce à des "ententes" passés entre les pays, ont dénoncé des experts.

La Côte d'Ivoire, l'Ethiopie, le Gabon, le Kenya et la Sierra Leone ont été élus pour le groupe Afrique. Le Japon, le Kazakhstan, le Pakistan, la Corée du Sud et les Emirats arabes unis pour l'Asie. L'Argentine, le Brésil et le Venezuela pour le groupe Amérique latine et Caraïbes. Et enfin, l'Estonie et le Monténégro pour l'Europe de l'Est.

Avec 154 voix, le Venezuela a été plus largement élu que les Etats-Unis (131) ou l'Allemagne (127). Son ambassadeur, Jorge Valero, a balayé ces critiques, expliquant que ce vote était la preuve "puissante" que son pays respectait les droits de l'homme et la démocratie. Abou Dhabi a été élue avec 184 voix et le Pakistan, autre pays très contesté, a reçu 171 votes. Son ambassadeur, Masood Kahn, a certifié devant les journalistes qu'Islamabad "apporterait une importante contribution au travail du conseil".

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