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12/11/2012 10:57 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST

Mali: Alger plaide à nouveau pour la solution politique

L'Algérie a réaffirmé lundi croire en une solution politique au Mali, au lendemain de l'accord d'Abuja sur l'envoi de 3.300 soldats afin de reconquérir le nord du pays occupé par des groupes islamistes armés.

"Nous n'avons cessé de souligner qu'une sortie de crise par un dialogue à engager entre les autorités maliennes et les groupes de la rébellion au nord du Mali est tout à fait possible", a déclaré le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères Amar Belani, dans un courriel adressé à l'AFP.

M. Belani s'est référé dans sa déclaration à la "volonté commune de donner une chance à la paix par le dialogue" exprimée par le président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) le président ivoirien Alassane Ouattara.

"Nous estimons que la décantation qui s'opère actuellement au niveau de ces groupes rebelles permet d'envisager une solution politique viable respectant la souveraineté, l'unité et l'intégrité du Mali", a souligné M. Belani.

Le 7 novembre, suite à des négociations à Alger et Ouagadougou, le mouvement touareg islamiste radical malien Ansar Dine avait proclamé son rejet de "toute forme d'extrémisme et de terrorisme" et appelé à la négociation avec Bamako.

Il est cependant allié à deux autres mouvements formés d'étrangers, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), dans le nord du Mali où ils appliquent la charia (loi islamique).

Dans un entretien avec El-Watan Week-End, le porte-parole d'Ansar Dine, Mohamed Ag Aharib, avait déclaré qu'Aqmi était "composé de musulmans, comme nous", ajoutant :"Nous demander de combattre d'autres musulmans, cela n'est pas dans notre éthique".

Des dirigeants africains réunis dimanche à Abuja se sont mis d'accord sur l'envoi au Mali d'une force militaire internationale de "3.300 soldats" pour "un an", afin de reconquérir le nord du pays.

M. Ouattara a dit espérer que le Conseil de sécurité des Nations unies donnerait son feu vert à la fin du mois ou début décembre.

Le communiqué final souligne bien que "le dialogue" reste "l'option préférée pour la résolution de la crise politique au Mali". "Toutefois (...) l'usage de la force s'avère indispensable contre les réseaux terroristes et de criminalité transnationale qui menacent la paix et la sécurité internationales", ont ajouté les dirigeants ouest-africains, qui semblent ainsi exclure un dialogue avec tous les groupes armés islamistes imposant la charia dans le nord du pays.

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