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12/11/2012 04:14 EST | Actualisé 11/01/2013 05:12 EST

L'opposition syrienne unie en quête de reconnaissance internationale

L'opposition syrienne est parvenue lundi à former une coalition unie pour présenter une alternative crédible au régime de Bachar al-Assad, et attend désormais la reconnaissance internationale de cette entité saluée par les Occidentaux.

Son nouveau chef, Ahmad Moaz Al-Khatib, devait se rendre lundi, quelques heures après la signature de l'accord à Doha, à la Ligue arabe au Caire, "premier pas sur la voie d'une reconnaissance internationale", selon le Qatar qui a parrainé les tractations laborieuses de l'opposition.

Sur le terrain, l'aviation a largué ses redoutables barils d'explosifs sur cinq des 14 provinces du pays en guerre depuis 20 mois, selon une ONG syrienne. Les raids particulièrement meurtriers de l'aviation du régime sont le principal atout de l'armée, bousculée par la rébellion qui ouvre une multitude de fronts.

Après une réunion marathon de quatre jours et d'intenses pressions internationales, les diverses composantes de l'opposition ont accepté de se regrouper au sein de la "Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution".

Elle s'est dotée de deux vice-présidents: l'ancien député Riad Seif et la militante Souheir al-Atassi, acteur-clé de la coordination du soulèvement à l'intérieur de la Syrie.

Washington a salué la nouvelle entité qui "ouvre la voie à la fin du régime sanglant d'Assad", lui promettant son soutien, tandis que Paris s'engageait à oeuvrer pour sa reconnaissance internationale "comme représentant les aspirations du peuple syrien". Londres y a vu une structure capable d'assurer une transition politique.

De son côté, Moscou, grand allié de Damas, l'a appelée à privilégier le dialogue avec le régime de M. Assad, une option déjà rejetée par les opposants qui posent comme condition sine qua non le départ du chef d'Etat.

Pour l'analyste Salman Shaikh, directeur du Brookings Doha Center, "l'unification de l'opposition est certainement un pas important (...) si cette nouvelle coalition prouve sa crédibilité, cela va sûrement raccourcir les jours du régime".

Et cette crédibilité, souligne Yezid Sayigh, analyste au Carnegie Middle East Center, n'est pas acquise. "L'un des défis les plus difficiles auxquels fait face la nouvelle coalition est d'imposer son autorité au large éventail de formations militaires combattant le régime, qu'elle ne contrôle pas".

De fait, dès sa première déclaration, cheikh Khatib a estimé qu'il revenait "désormais à la communauté internationale d'honorer ses engagements" à aider les Syriens victimes "d'une extermination systématique", en allusion à une reconnaissance formelle.

Outre cette reconnaissance, Georges Sabra, le nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), désormais la principale composante de la nouvelle Coalition, a affirmé: "Nous n'avons pas seulement besoin d'argent et de pain, nous avons besoin d'armes pour nous défendre".

Au Caire, le groupe chargé du dossier syrien -Qatar, Egypte, Algérie, Soudan et Oman- devait se retrouver au siège de la Ligue arabe vers 17H00 (15H00 GMT), selon un responsable, avant une réunion élargie à tous les pays membres.

En Syrie, l'aviation a bombardé Maaret al-Noomane, ville perdue par les rebelles au profit de l'armée, tandis qu'un chasseur-bombardier a largué une bombe sur Rass al-Aïn, un poste-frontière désormais aux mains de la rébellion, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Devant la violence des raids, une partie des habitants de Rass al-Aïn se sont précipitamment réfugiés en Turquie, selon un photographe de l'AFP. Douze personnes -cinq civils et sept rebelles, en majorité des combattants du Front islamiste Al-Nosra- y ont péri, selon l'OSDH.

Dans le Golan, où aucun incident n'avait eu lieu depuis 1973, un obus de mortier syrien est tombé sur la partie du plateau occupée par Israël, déclenchant une riposte de l'armée israélienne, qui a touché une cible syrienne, selon un communiqué militaire.

Après un tir de semonce, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a averti dimanche qu'Israël réagirait "plus durement" en cas de nouveaux tirs syriens.

Selon un bilan provisoire de l'Observatoire, 38 personnes ont péri lundi en Syrie, en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé qui a fait, selon l'OSDH, plus de 37.000 morts.

A Beyrouth, les parents du journaliste américain Austin Tice, disparu en Syrie depuis le 13 août, ont affirmé être sans nouvelles de leur fils depuis cette date, et réclamé sa libération lors d'une conférence de presse.

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