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12/11/2012 01:29 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST

Le numéro 2 du FMI juge "très difficile" de mettre un terme à la crise

David Lipton, le numéro 2 du FMI, a jugé lundi "très difficile" de mettre un terme à la crise économique et de trouver le bon équilibre entre désendettement des Etats et relance de l'activité.

"En dépit des progrès accomplis (...), mettre un terme à la crise s'avère très difficile", a déclaré le directeur général adjoint du Fonds monétaire international lors d'un colloque à Londres, reconnaissant que les gouvernements faisaient face à un "casse-tête".

Selon lui, le désendettement en cours des Etats et des banques est nécessaire pour restaurer la "stabilité" mais il pèse sur la relance de l'activité en restreignant l'offre de crédits et l'investissement public.

"La réduction des déficits des Etats couplée au désendettement des banques a freiné la demande et ses effets à court terme sur la croissance ont été plus importants que prévu dans de nombreux pays", a indiqué M. Lipton, selon le discours transmis à la presse.

"Le désendettement est nécessaire mais il doit être mis en oeuvre à un rythme et selon un modèle qui minimisent son impact sur la croissance", a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs semaines, le Fonds laisse entendre qu'il a sous-estimé l'impact de l'austérité en Europe, notamment dans les pays de la zone euro sous assistance internationale (Grèce, Portugal...), et se montre favorable à certains aménagements.

"En cas de choc négatif ou si la croissance s'avère décevante, le rythme de l'assainissement budgétaire doit être ralenti dans les pays qui peuvent se le permettre", a observé M. Lipton.

Le numéro 2 du FMI a également mis en garde contre les effets indésirables de la réforme en cours du système bancaire international qui pourrait restreindre l'offre de crédit.

"Il est crucial de trouver un équilibre entre le renforcement du système financier (...) et la nécessité d'amortir son impact sur l'activité", a souligné M. Lipton.

La réforme dite de Bâle III, censée limiter les risques pris par les banques, rencontre de nombreuses résistances sur le globe. Vendredi, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils reportaient sine dine son entrée en vigueur, initialement programmée pour début 2013.

jt/jum/rap