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12/11/2012 12:34 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST

Le Golfe reconnaît l'opposition syrienne unie, saluée par les Occidentaux

L'opposition syrienne, parvenue à s'unir afin de présenter une alternative crédible au régime de Bachar al-Assad, a été reconnue lundi comme "le représentant légitime du peuple syrien" par les pays du Golfe qui poussaient à la création de cette coalition.

Cette nouvelle entité, annoncée dans la nuit de dimanche à lundi après quatre jours de réunion à Doha et d'intenses pressions internationales, a également été saluée par les Occidentaux, tandis que son chef, Ahmad Moaz Al-Khatib, était à la Ligue arabe au Caire pour tenter d'obtenir une reconnaissance des pays arabes.

Sur le terrain, l'aviation, principal atout de l'armée, a largué ses redoutables barils d'explosifs sur cinq des 14 provinces du pays en proie à des violences depuis près de 20 mois, selon une ONG syrienne.

Premiers pays à reconnaître la nouvelle "Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution", les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Emirats arabes unis, Bahreïn et Oman) ont exprimé "l'espoir que cette (entité) soit un pas en avant vers un rapide transfert du pouvoir".

Washington a estimé de son côté qu'elle ouvrait "la voie à la fin du régime sanglant d'Assad", lui promettant son soutien, tandis que Paris s'engageait à oeuvrer pour sa reconnaissance internationale. Londres y a vu une structure capable d'assurer une transition politique.

De son côté, Moscou, grand allié de Damas, l'a appelée à privilégier le dialogue avec M. Assad, une option déjà rejetée par les opposants qui posent comme condition sine qua non le départ du chef d'Etat.

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, également proche de Damas, a dénoncé la nouvelle coalition, l'accusant d'avoir été créée de toutes pièces par les Etats-Unis et regrettant qu'elle ait préféré la "destruction" au "dialogue", dans un discours retransmis à Beyrouth.

Pour l'analyste Salman Shaikh, directeur du Brookings Doha Center, "si cette nouvelle coalition prouve sa crédibilité, cela va sûrement raccourcir les jours du régime".

Signe visible de sa volonté d'élargissement, notamment aux opposants de l'intérieur de la Syrie, la Coalition s'est choisi pour vice-présidents l'ancien député Riad Seif et la militante Souheir al-Atassi, icône du "mouvement révolutionnaire" actif sur le terrain.

Mais après avoir rassemblé l'opposition politique, il lui faut désormais "imposer son autorité au large éventail de formations militaires combattant le régime, qu'elle ne contrôle pas", souligne Yezid Sayigh, analyste au Carnegie Middle East Center.

De fait, cheikh Khatib a estimé qu'il revenait "désormais à la communauté internationale d'honorer ses engagements" envers les Syriens, tandis que Georges Sabra, chef du Conseil national syrien (CNS), principale composante de la coalition, a affirmé qu'ils n'avaient "pas seulement besoin d'argent et de pain" mais "d'armes pour (se) défendre".

Au Caire, le groupe chargé du dossier syrien -Qatar, Egypte, Algérie, Soudan et Oman- était réuni avant une réunion élargie à tous les membres de la Ligue arabe.

Sur le terrain, l'aviation a bombardé Maaret al-Noomane, un secteur où les rebelles ont reculé au profit de l'armée, et Rass al-Aïn, un poste-frontière vers la Turquie désormais aux mains de la rébellion, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a précisé que les combattants kurdes s'étaient emparés, sans combat, d'une nouvelle localité du nord-est.

L'Otan s'est dite prête à fournir une assistance à la Turquie au cas où le conflit en Syrie se rapprocherait de son territoire, alors que l'Alliance et Ankara auraient évoqué un éventuel déploiement de batteries anti-missiles sur le sol turc.

Dans le Golan --où aucun incident n'avait eu lieu entre forces israéliennes et syriennes depuis près de 40 ans -- un mortier syrien est tombé sur la partie du plateau occupée par l'Etat hébreu, déclenchant une riposte de l'armée israélienne qui a touché une cible syrienne, d'après un communiqué militaire.

Selon un bilan provisoire de l'OSDH, 107 personnes ont péri lundi en Syrie, où le conflit a tué, selon l'OSDH, plus de 37.000 personnes et poussé à l'exil des centaines de milliers d'autres.

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