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12/11/2012 06:07 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST

La Grèce devra attendre ses 31,5 milliards d'euros

Les dirigeants de la zone euro ont décidé de ne pas verser tout de suite une nouvelle tranche d'aide à la Grèce, faute d'un consensus sur les moyens de rendre soutenable la dette publique du pays sur les 10 prochaines années.

Dimanche, le budget 2013, impliquant de nouvelles mesures d'austérité, a été adopté par le Parlement grec afin que le pays puisse recevoir la tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros promise par ses créanciers internationaux et bloquée depuis juin.

Toutefois, les fonds ne seront pas accordés tant que la troïka, soit la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, n'aura pas présenté leur « analyse de la soutenabilité de la dette » grecque. Ce document doit préciser comment la Grèce pourra ramener sa dette, qui avoisine actuellement 190 % de son produit intérieur brut, à 120 % d'ici 2020, et si cet objectif est crédible.

Les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro, réunis à Bruxelles lundi au sujet de l'aide qui doit être apportée à la Grèce, veulent aussi examiner les engagements pris par Athènes pour résoudre les problèmes structurels de son économie et vérifier que le pays est revenu sur la trajectoire des assainissements budgétaires qui lui avait été fixés. C'est justement le retard pris par Athènes dans ce domaine qui avait conduit ses créanciers à suspendre le versement de leur aide.

Bien qu'ils retardent l'aide à verser à Athènes, les dirigeants de la zone euro devraient en revanche accorder un sursis de deux ans au pays afin qu'il atteigne ses objectifs budgétaires. Le coût de ce délai est toutefois évalué à 32,6 milliards d'euros de financement supplémentaire, un montant dont on devra discuter la provenance.

L'octroi de deux années de plus permettrait à l'économie grecque de renouer avec la croissance, alors qu'un maintien des exigences actuelles l'empêcherait de produire suffisamment pour rembourser sa dette, estiment de nombreux responsables.

Défaut de paiement

Sans le prêt de 31,5 milliards d'euros attendu par la Grèce, le gouvernement affirme qu'il sera à court de liquidité dès vendredi. Le pays risque la cessation de paiement, car il doit rembourser pour 5 milliards d'euros d'obligations le 16 novembre.

Pour éviter cette situation, Athènes va lancer un emprunt exceptionnel mardi qui servira à rembourser une partie de cette créance et tenter de lever pour plus de 3 milliards d'euros. Malgré cela, « nous avons besoin de la tranche, car la situation des réserves de l'État est limitée », a souligné le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras.