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11/11/2012 09:00 EST | Actualisé 07/01/2014 08:06 EST

Suppression de la carte de rationnement: l'Irak fait machine arrière

Le gouvernement irakien a décidé dimanche sous la pression de maintenir la carte de rationnement, qu'il souhaitait supprimer, tout en offrant aux Irakiens la possibilité de bénéficier d'une allocation mensuelle plutôt que de denrées bon marché.

"Le conseil des ministres s'est réuni en urgence dimanche", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Ali Dabbagh, et a décidé de proposer aux Irakiens de choisir entre la carte de rationnement et une allocation mensuelle de 25.000 dinars (environ 20 dollars) par personne.

Dans la foulée, M. Dabbagh a assuré que le gouvernement ferait "tout son possible pour garantir la stabilité des prix des aliments".

La mesure ne sera cependant pas appliquée avant qu'un comité d'évaluation ait rendu ses conclusions.

Mardi, le gouvernement de Nouri al-Maliki avait pris la très impopulaire décision de supprimer la carte de rationnement, mise en place sous Saddam Hussein à l'époque de l'embargo décrété dans la foulée de l'invasion du Koweït en 1990. Il comptait la remplacer par une somme forfaitaire allouée à chaque Irakien.

Bagdad avait mis en avant la "corruption" qui gangrenait ce système pour justifier sa décision.

Editorialistes, opposition parlementaire et simples citoyens étaient alors montés au créneau contre cette décision qui les aurait privés de farine, riz, huile et sucre proposés dans des magasins d'Etat à des prix dérisoires.

A l'inverse, nombre d'économistes se prononcent pour sa suppression pure et simple, arguant que le fardeau financier de la carte de rationnement est bien trop lourd. Dans un rapport publié l'an dernier, l'ONU estimait ainsi que 7% du budget irakien allait au financement de ce système.

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