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11/11/2012 08:00 EST | Actualisé 07/01/2014 05:16 EST

L'opposition paraphe un accord d'unification

Les composantes de l'opposition syrienne se sont accordées dimanche à Doha pour créer une coalition élargie, présidée par un dignitaire modéré et destinée à accélérer la chute du régime de Bachar al-Assad, après d'intenses pressions occidentales et arabes.

Sur le terrain en Syrie, les combats faisaient rage entre rebelles et soldats pour le contrôle de villes clés, en particulier près de la frontière turque, et l'aviation syrienne a mené des frappes contre plusieurs secteurs du nord-est, près de l'Irak.

Les combats ont débordé au sud du pays, où un obus de mortier syrien est tombé dans la partie du Golan occupée par Israël, poussant l'armée israélienne à tirer des coups de semonce en direction de la Syrie, premier incident du genre depuis près de 40 ans, selon des sources militaires israéliennes.

Après d'épuisantes négociations menées depuis jeudi sous l'égide du Qatar et de la Ligue arabe, des formations de l'oppposition syrienne ont ratifié à Doha un accord sur la constitution d'une Coalition nationale regroupant la plupart des composantes de cette opposition.

Un dignitaire musulman modéré, cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, a été élu à la tête de cette Coalition. Il sera secondé par deux vice-présidents, l'opposant Riad Seif, un ancien député à l'origine de l'initiative d'unification de l'opposition, et l'activiste Souheir Atassi, qui a joué un rôle dans la coordination du soulèvement à l'intérieur de la Syrie.

Originaire de Damas, cheikh Al-Khatib, 52 ans, a quitté la Syrie il y a environ trois mois, après avoir été arrêté à deux reprises depuis le déclenchement du soulèvement contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars 2011. Il est connu pour ses positions modérées sur le plan religieux.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a demandé à la Coalition nationale de s'atteler à "la préparation de la transition politique" et de se doter d'une direction politique de façon à ce que Londres puisse "fournir davantage d'aide non-létale" à l'opposition syrienne.

La formation de cette coalition est le fruit d'un compromis laborieux entre les partis d'opposition, dont le Conseil national syrien (CNS), qui bloquait son adoption de peur d'être marginalisé.

Longtemps considéré par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime", le CNS était de plus en plus critiqué pour son manque de représentativité, en particulier par l'administration américaine, et a été soumis samedi soir à d'intenses pressions arabes et internationales.

"Il s'agit d'un pas important sur la voie de la chute du régime", a affirmé Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien qui a fait défection en août.

Cet accord largement inspiré de l'initiative de Riad Seif devrait permettre aux opposants de se présenter en front uni devant la communauté internationale, qui critique depuis des mois les divisions minant leur action face au régime Assad.

Sur le terrain, l'aviation a mené une série de raids contre la ville frontalière de Boukamal, près de l'Irak, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des combats faisaient également rage près de Rass al-Aïn (nord-est), près de la frontière turque, a ajouté l'OSDH.

Dans la banlieue de Damas, des combats ont éclaté à Harasta et des obus sont tombés sur Yalda (sud). Les Comités locaux de coordination (LCC), un groupe de militants, ont fait état d'intenses tirs d'artillerie du régime contre les régions au sud-ouest de Damas.

"L'armée et les forces de sécurité ont commencé une opération de nettoyage de la province de Damas, qui devrait s'achever dans quelques jours", selon le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, en soulignant que "des milliers de terroristes" avaient "vainement tenté de pénétrer dans la capitale".

Le régime qualifie de "terroristes" les opposants et les rebelles qui luttent contre le régime.

A Alep (nord), des obus de mortier sont tombés sur les quartiers rebelles et des affrontements violents ont éclaté dans d'autres secteurs, selon l'OSDH et des habitants. Plus à l'ouest, l'OSDH a fait état de bombardements sur Maaret al-Noomane, ville clé tenue par les rebelles.

Dimanche, au moins 86 personnes -- 34 civils, 29 soldats et 23 rebelles -- ont péri à travers la Syrie, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires de Syrie. Au total, les violences ont fait plus de 37.000 morts depuis le début de la crise en mars 2011, selon la même source.

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