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11/11/2012 02:38 EST | Actualisé 11/01/2013 05:12 EST

Blogueur iranien mort en prison: la justice va publier ses conclusions

La justice iranienne a annoncé dimanche qu'elle allait rendre "prochainement" publics les résultats d'une enquête sur la mort en détention du blogueur Sattar Behechti, qui avait été arrêté fin octobre.

"Une enquête méticuleuse a été menée sur tous les aspects de l'affaire, sur ordre spécial du chef du pouvoir judiciaire, l'ayatollah Sadeq Larijani", a indiqué dans un communiqué publié par la presse le Conseil supérieur des droits de l'Homme, qui dépend du pouvoir judiciaire.

Les résultats de cette enquête seront rendus publics "prochainement", précise le communiqué, promettant "des poursuites judiciaires rapides et décisives contre quiconque impliqué délibérément ou par négligence" dans la mort de M. Behechti.

Selon des militants de l'opposition, Sattar Behechti, 35 ans, a été torturé à mort en prison pour avoir critiqué le régime iranien sur internet. Le conseil a partiellement confirmé ces accusations, en reconnaissant que M. Behechti "était mort alors qu'il était interrogé" par la police.

Selon des groupes de l'opposition, la famille de M. Behechti a été invitée à venir récupérer sa dépouille au célèbre centre de détention de Kahrizak, au sud de la capitale.

Dans le dernier article publié sur son site internet, M. Behechti affirmait être harcelé par des agents de la sécurité, qui l'appelaient constamment au téléphone. "Hier ils m'ont menacé de dire à ma mère qu'elle porterait bientôt du noir si je ne me taisais pas", écrivait-il.

Auparavant, le vice-président du Majlis, Mohammad Hassan Aboutorabi avait annoncé que le Parlement allait mener sa propre enquête sur la mort du blogueur.

Selon Amnesty International, le blogueur pourrait être décédé des suites de tortures après avoir porté plainte contre les sévices dont il était victime.

Amnesty mais aussi les gouvernements français, britannique et américain ont appelé les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur cette affaire.

Les déclarations du Conseil supérieur des droits de l'Homme interviennent après que le député iranien conservateur Ahmad Tavakoli, connu pour son franc-parler, a demandé à la justice de fournir des explications sur la mort de Sattar Behechti, selon l'agence Mehr dimanche.

"Pourquoi l'appareil judiciaire ne donne-t-il pas d'explications? Il y a eu un décès et il faut l'expliquer", a-t-il dit en soulignant que les gouvernements étrangers faisaient "de la propagande" autour de cette affaire.

M. Tavakoli a en outre critiqué la répression menée par le régime contre les blogueurs, affirmant que les autorités feraient mieux de "lutter contre les responsables de la corruption au lieu de mener la vie dure aux blogueurs", selon Mehr.

En juillet 2009, trois opposants détenus au centre de Kahrizak étaient morts des suites de sévices infligés par des gardiens. Le centre de détention avait alors été provisoirement fermé sur ordre du Guide suprême iranien Ali Khamenei et plusieurs de ses responsables avaient été traduits en justice.

Des centaines d'opposants --responsables politiques, journalistes, blogueurs, avocats, militants des droits de l'Homme, syndicalistes, cinéastes-- sont détenus en Iran, selon les organisations internationales de défense des droits de l'Homme.

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