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10/11/2012 12:48 EST | Actualisé 10/01/2013 05:12 EST

Un attentat suicide tue 20 soldats en Syrie, l'opposition divisée

Un double attentat suicide a tué samedi 20 soldats dans le sud de la Syrie en proie à la guerre, au moment où l'opposition réunie à Doha peinait à se mettre d'accord sur un projet d'unification soutenu par les Occidentaux.

Dans le reste du pays, les combats entre rebelles et soldats et les bombardements faisaient rage, en particulier dans la province de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires.

Les violences ont fait au moins 65 morts à travers le pays -30 soldats, 20 civils et 15 rebelles-, selon un bilan provisoire de cette ONG, alors que les morts se comptent par dizaines tous les jours dont de nombreux civils parmi lesquels femmes et enfants.

A Deraa (sud), berceau en mars 2011 de la révolte populaire devenue guerre civile, au moins 20 soldats ont péri dans l'explosion à quelques minutes d'intervalle de deux voitures piégées conduites par des kamikazes dans l'enceinte d'un club d'officiers, a indiqué l'OSDH.

L'agence officielle Sana a confirmé l'explosion de deux voitures et fait état de victimes, sans plus de précisions. L'attaque n'a pas été revendiquée.

Dans le nord-est syrien, le régime perdait de plus en plus de terrain. Les combattants kurdes ont pris ces dernières 24 heures le contrôle de trois villes -Derbassiyé, Tal Tamer, Amouda-, les soldats assiégés ayant accepté de les évacuer, ont indiqué l'OSDH et des militants.

La veille, les rebelles s'étaient emparés de la ville de Rass al-Aïn, non loin de là, après des combats féroces avec l'armée, selon l'OSDH et des militants.

Dans la capitale, un journaliste de l'AFP a entendu une forte explosion en début de soirée. Dans la journée, une explosion à Zahira al-Jadida (sud) a fait neuf blessés selon Sana. Et une roquette a visé un quartier chrétien, blessant deux jeunes filles, selon la télévision officielle.

L'agence a en outre fait état de la destruction par l'armée d'un navire transportant des rebelles sur l'Euphrate dans le nord-est du pays. C'est la première fois que les médias officiels évoquent un incident sur ce fleuve qui passe par les villes de Deir Ezzor, Raqqa et Bou Kamal, théâtres de combats.

Signe que les violences empirent, 11.000 Syriens ont fui le pays en 24 heures, dont 9.000 pour la Turquie, a annoncé vendredi le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), qui dénombre habituellement une moyenne de 2.000 nouveaux réfugiés syriens par jour.

Dans une interview a une télévision russe diffusée cette semaine, M. Assad est resté inflexible, en excluant tout départ du pouvoir et de Syrie. Il a réaffirmé mener une "guerre contre le terrorisme" qui risque d'être "longue". "Il ne s'agit pas d'une guerre civile", a-t-il martelé.

M. Assad, dont le mandat prend fin en 2014, a affirmé à Russia Today que "ce sont les urnes qui diront très simplement" s'il doit "rester ou partir".

Le conflit en Syrie a été déclenché le 15 mars 2011 par la répression par le régime d'un mouvement de contestation populaire qui s'est militarisé au fil des mois.

Alors qu'aucune issue n'est en vue après plus de 37.000 morts selon l'OSDH, l'opposition, appelée par les Arabes, les Occidentaux et les rebelles sur le terrain à s'unifier, discute depuis jeudi à Doha d'un projet visant à la fédérer.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition en exil, a exprimé ses réserves sur ce projet, hypothéquant un accord avec les autres groupes luttant contre le régime de Bachar al-Assad. Ce projet prévoit la formation d'une instance politique unifiée d'une soixantaine de membres.

"Nous avons été informés de leur initiative, mais nous avons notre propre point de vue et nos idées que nous exposerons", a dit Georges Sabra, le nouveau président du CNS, un chrétien de 65 ans. "Aucune partie ne peut se ranger sous la bannière d'une autre", a-t-il dit, reflétant la crainte de sa coalition de se voir marginalisée.

Le CNS a élaboré sa propre initiative, préconisant la formation d'un "gouvernement provisoire" en attendant la tenue d'un congrès général.

Créé formellement en octobre 2011 et rapidement considéré comme un "interlocuteur légitime" par la communauté internationale, le CNS est de plus en plus critiqué pour son manque de représentativité, en particulier par les Etats-Unis.

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