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10/11/2012 07:18 EST | Actualisé 10/01/2013 05:12 EST

Projet d'unification de l'opposition syrienne: le CNS exprime des réserves

Le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, a exprimé samedi ses réserves sur un projet d'unification de l'opposition, hypothéquant un accord avec les autres groupes combattant le régime de Bachar Al-Assad.

"Nous avons entamé un dialogue ouvert avec nos frères" des autres groupes de l'opposition et "avons été informés de leur initiative, mais nous avons notre propre point de vue et nos idées que nous exposerons", a déclaré lors d'une conférence de presse à Doha Georges Sabra, le nouveau président du CNS.

"Le CNS est plus ancien que toutes les initiatives (...) aucune partie ne peut se ranger sous la bannière d'une autre", a encore dit M. Sabra, reflétant la crainte de sa coalition de se voir marginalisée dans le cadre d'une instance représentative élargie aux autres groupes de l'opposition.

La conférence de presse est intervenue peu avant une réunion sous l'égide de la Ligue arabe et du Qatar au cours de laquelle le CNS devait normalement apporter sa réponse sur un projet visant à fédérer l'opposition, sur la base d'un plan largement inspiré d'une initiative de l'ancien député Riad Seif.

Depuis jeudi soir, le CNS a demandé à deux reprises un délai pour annoncer sa décision finale.

L'initiative sur la table prévoit la formation d'une instance politique unifiée d'une soixantaine de membres représentant les différentes formations dont les groupes civils animant le soulèvement de l'intérieur et les formations militaires.

Cette instance doit à son tour constituer un gouvernement transitoire de dix membres, un conseil militaire suprême pour chapeauter les groupes armés, et un organe judiciaire.

Le CNS a élaboré sa propre initiative, préconisant la formation d'un "gouvernement provisoire" en attendant la tenue d'un congrès général, selon un document obtenu par l'AFP.

Les pays arabes soutenant le soulèvement et les puissances occidentales font pression sur l'opposition syrienne pour qu'elle constitue une instance qui serait reconnue par la communauté internationale et pourrait canaliser les aides.

Le CNS, considéré aux premiers temps de la révolte par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime", a ensuite été vivement critiqué, notamment par l'administration américaine, pour son manque de représentativité.

Le chrétien Georges Sabra, un ancien communiste de 65 ans, a été élu vendredi soir à la tête de cette instance.

fb/at/vl