NOUVELLES
10/11/2012 02:55 EST | Actualisé 10/01/2013 05:12 EST

Pressions sur le CNS pour accepter un plan d'unification

Les formations de l'opposition syrienne réunies à Doha semblaient samedi soir se diriger vers un accord sur la création d'une instance unifiée à la suite de pressions arabes et internationales sur le Conseil national syrien (CNS) qui bloquait son adoption.

Premier signe positif, l'ancien chef du CNS Burhan Ghalioun a fait état de "réel progrès" dans les discussions devant les journalistes faisant le pied de grue devant le lieu de la réunion qui se poursuivait depuis plus de six heures dans un grand hôtel.

"La réunion est toujours en cours mais il y a un réel progrès. Il va y avoir un accord politique pour l'action commune, une instance politique supervisant l'action militaire", a-t-il ajouté.

"Inchallah (si Dieu le veut), nous parviendrons à un accord cette nuit", a déclaré de son côté Salem Muslet, un dirigeant du CNS.

Depuis l'ouverture de la réunion jeudi, le CNS fait attendre sa réponse sur un projet qui vise à fédérer l'opposition en une instance exécutive susceptible de traiter avec la communauté internationale et de canaliser les aides.

Largement inspiré d'une initiative de l'opposant Riad Seif, il a été proposé lors de cette réunion regroupant, sous l'égide du Qatar et de la Ligue arabe, la plupart des composantes de l'opposition, dont le CNS. Mais ce dernier a exprimé ses réserves, craignant d'être marginalisé.

"Nous avons entamé un dialogue ouvert avec nos frères" des autres groupes de l'opposition et "avons été informés de leur initiative, mais nous avons notre propre point de vue et nos idées que nous exposerons", a déclaré Georges Sabra, élu vendredi président du CNS, avant la reprise des travaux.

"Le CNS est plus ancien que toutes les initiatives (...), aucune partie ne peut se ranger sous la bannière d'une autre", a souligné M. Sabra, considéré comme un intransigeant.

Des responsables du CNS ont eu des concertations en coulisses avec des responsables qataris, émiratis, turcs ou américains, selon la coalition.

Le chef de la diplomatie émiratie, Abdallah ben Zayed Al Nahyane, "a assuré que (...) l'appui international serait plus fort si nous parvenons à unifier l'opposition", a déclaré à l'AFP Ahmad Ramadan, membre dirigeant du CNS.

"Nous sommes soumis à des pressions pour accepter de faire partie d'une nouvelle instance, en échange de promesses internationales mais sans aucune garantie", a-t-il ajouté. Le CNS "tient à jouer un rôle de premier plan dans l'opposition et refuse toute tentative de le marginaliser ou le liquider".

Jusqu'à récemment, le CNS était considéré par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime", mais son manque de représentativité est de plus en plus critiqué, en particulier par l'administration américaine.

Le plan prévoit la formation d'une instance politique unifiée d'une soixantaine de membres représentant les différents groupes de l'opposition, dont ceux animant le soulèvement de l'intérieur et les formations militaires.

Cette instance devra à son tour constituer un gouvernement transitoire de dix membres, un conseil militaire suprême et un organe judiciaire.

Le CNS a élaboré sa propre initiative, préconisant la formation d'un "gouvernement provisoire" en attendant la tenue d'un congrès général, selon un document obtenu par l'AFP. Il prévoit également un "fonds d'aide au peuple syrien", une "direction unifiée pour le commandement militaire de l'intérieur" et une instance judiciaire.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par un conflit déclenché par la répression brutale d'une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad. Ce mouvement de contestation s'est militarisé au fil des mois, les violences ayant fait plus de 37.000 morts selon une ONG syrienne.

fb/at/tp