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10/11/2012 07:45 EST | Actualisé 10/01/2013 05:12 EST

Le CNS réservé sur le projet d'unfication de l'opposition syrienne

Le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, a exprimé samedi ses réserves sur un projet d'unification de l'opposition, hypothéquant un accord avec les autres groupes luttant contre le régime de Bachar Al-Assad.

"Nous avons entamé un dialogue ouvert avec nos frères" des autres groupes de l'opposition et "avons été informés de leur initiative, mais nous avons notre propre point de vue et nos idées que nous exposerons", a déclaré lors d'une conférence de presse à Doha Georges Sabra, le nouveau président du CNS.

"Le CNS est plus ancien que toutes les initiatives (...) aucune partie ne peut se ranger sous la bannière d'une autre", a encore dit M. Sabra, reflétant la crainte de sa coalition de se voir marginalisée dans le cadre d'une instance représentative élargie aux autres groupes de l'opposition.

La conférence de presse est intervenue peu avant une réunion sous l'égide de la Ligue arabe et du Qatar au cours de laquelle le CNS devait normalement apporter sa réponse sur un projet visant à fédérer l'opposition, sur la base d'un plan largement inspiré d'une initiative de l'ancien député Riad Seif.

Depuis jeudi soir, le CNS a demandé à deux reprises un délai pour annoncer sa décision.

Ahmad Ramadan, membre dirigeant du CNS, a estimé "difficile de parvenir à un accord aujourd'hui (samedi), ajoutant que la réunion pourrait déboucher sur "une déclaration de principe pour ne pas aboutir à un échec".

Il a répété dans une déclaration à l'AFP que le CNS "tient à jouer un rôle de premier plan dans l'opposition et refuse toute tentative de le marginaliser ou le liquider", ajoutant que l'initiative sur la table "vise à créer une instance politique se substituant au CNS".

Avant la réunion avec les autres groupes de l'opposition, les membres du CNS devaient s'entretenir avec le ministre d'Etat qatari aux Affaires étrangères, Khaled al-Attiya, qui supervise les négociations.

L'initiative sur la table prévoit la formation d'une instance politique unifiée d'une soixantaine de membres représentant les différentes formations dont les groupes civils animant le soulèvement de l'intérieur et les formations militaires.

Cette instance doit à son tour constituer un gouvernement transitoire de dix membres, un conseil militaire suprême pour chapeauter les groupes armés, et un organe judiciaire.

Le CNS a élaboré sa propre initiative, préconisant la formation d'un "gouvernement provisoire" en attendant la tenue d'un congrès général, selon un document obtenu par l'AFP.

Elle propose également "la création d'un fonds d'aide au peuple syrien", d'une "direction unifiée pour le commandement militaire de l'intérieur", et d'une instance judiciaire.

Les pays arabes soutenant le soulèvement et les puissances occidentales font pression sur l'opposition syrienne pour qu'elle constitue une instance qui serait reconnue par la communauté internationale et pourrait canaliser les aides.

Le CNS, considéré aux premiers temps de la révolte par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime", a ensuite été vivement critiqué, notamment par l'administration américaine, pour son manque de représentativité.

Le chrétien Georges Sabra, un ancien communiste de 65 ans, a été élu vendredi soir à la tête de cette instance.

fb/at/vl