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10/11/2012 06:25 EST | Actualisé 10/01/2013 05:12 EST

Discours de Mohamed VI: Rabat a "torpillé" les relations avec Alger (responsable algérien)

Le Maroc a "torpillé" les relations avec l'Algérie, a estimé un haut responsable algérien au quotidien El Watan paru samedi, en réaction à un récent discours du roi du Maroc Mohammed VI sur le Sahara occidental.

"C'est bien le Maroc qui a torpillé le processus de normalisation des relations entre nos deux pays alors que nous étions engagés dans une dynamique constructive visant à assainir nos relations bilatérales", a indiqué ce haut responsable algérien sous couvert d'anonymat.

Le roi du Maroc Mohammed VI a réitéré mardi l'attachement de son pays au projet de large autonomie pour le Sahara occidental, jugeant que cette "initiative audacieuse" n'avait pas abouti jusque-là en raison de l'absence de "volonté sincère" de la part des "autres parties".

Il s'exprimait à l'occasion du 36e anniversaire de la "Marche verte" de 350.000 Marocains vers le Sahara occidental, organisée en 1975 par Hassan II et qui avait mis fin à la colonisation espagnole.

Le Maroc, qui contrôle la région depuis, lui propose une large autonomie, un plan que rejettent les indépendantistes du Polisario, soutenus par l'Algérie, qui militent eux pour "le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination" via un référendum.

Mohammed VI a en outre appelé la communauté internationale à se pencher sur la situation des réfugiés sahraouis installés dans les camps de Tindouf (sud-ouest algérien), sous le contrôle du Polisario et qui seraient victimes de violations des droits de l'Homme.

"Nous étions convenus de laisser à l'ONU le soin d'assumer ses responsabilités", dans le dossier du Sahara occidental, "conformément à la légalité internationale", a indiqué le haut responsable algérien.

Il a également dénoncé la duplicité du discours marocain alors qu'il était convenu de "la normalisation totale de nos rapports, y compris la réouverture des frontières".

"Au cours des derniers mois et au moment même où l'échange de visites ministérielles avait atteint sa vitesse de croisière, nous nous sommes aperçus que nos voisins marocains ont multiplié les reniements en s'engageant dans des actions incompatibles avec l'esprit de rapprochement publiquement revendiqué", a-t-il affirmé au quotidien algérien.

amb/vl