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10/11/2012 12:52 EST | Actualisé 10/01/2013 05:12 EST

Aux Etats-Unis, tromper sa femme coûte souvent son job

Aux Etats-Unis, tromper sa femme coûte souvent son job. Bill Clinton, Dominique Strauss-Kahn, Arnold Schwarzenegger et maintenant David Petraeus en ont fait les frais dans un pays de tradition puritaine, où faute morale rime avec faute professionnelle.

"Après plus de 37 ans de mariage, j'ai fait preuve d'un énorme manque de jugement en m'engageant dans une relation extraconjugale", écrivait vendredi le patron de la CIA David Petraeus en annoncant sa démission de la tête de la puissante agence de renseignements.

Le pays a d'abord été stupéfait, puis s'est interrogé -- la sécurité est-elle menacée ? -- sans oublier d'être sarcastique devant cette ènième histoire de coucheries qui y font régulièrement la Une.

Vendredi, à la même heure où l'on apprenait l'aventure extraconjugale du général de 60 ans avec Paula Broadwell, 40 ans, Lockheed Martin annoncait la démission avec effet immédiat de son futur directeur général, Christopher Kubasik, 51 ans, en raison d'une liaison dans l'entreprise.

Le monde politique américain est particulièrement riche de ces histoires qui ont plus ou moins affecté la carrière de l'infidèle, obligé de se présenter au public, la larme à l'oeil et la voix cassée, en train de s'autoflageller après avoir été pris la main dans le sac.

Il y a quelques mois, Arnold Schwarzenegger, ex-gouverneur de Californie (ouest), tombait de son piédestal de super-héros en avouant piteusement, tout en l'écrivant dans des mémoires, avoir fait un enfant à sa femme de ménage.

Bill Clinton a failli devoir quitter son poste de président des Etats-Unis après avoir reconnu une liaison avec la stagiaire Monica Lewinsky.

Il y a quatre ans, la carrière du démocrate John Edwards, en qui beaucoup voyaient un nouveau Kennedy, s'est stoppée net après les révélations d'un enfant illégitime.

Plus loin, le démocrate Gary Hart, lui aussi bien placé pour les présidentielles en 1987, était photographié avec sa maîtresse la blonde Donna Rice sur les genoux. Fin de campagne.

Sans parler récemment du français Dominique Strauss-Kahn, obligé de démissionner de son poste de président du Fonds monétaire International à Washington après l'épisode du Sofitel de New York et de sa femme de chambre.

Mais le puritanisme est-il seul en cause dans le cas de la démission du général ?

Pour le New Yorker, cette affaire d'adultère "est une surprise, c'est le moins qu'on puisse dire, mais elle pose aussi la question de savoir si tout autre chose n'y est pas mêlé", écrit le journal.

Et il évoque aussi, comme de nombreux médias américains, "le risque pour la sécurité" ou "le risque de chantage" auquel peut être soumis un haut responsable d'une administration si sensible.

Les Américains s'interrogent.

Pour Fred M., sur le site de CNN, tout cela arrive "parce que l'Amérique a été colonisée par les Puritains, pas par les Vikings".

Sur le site de Slate, Joshua Ozersky commente: "On s'en fiche. Pourquoi une histoire privée fait que la CIA va perdre un dirigeant capable ? Il n'est pas conseiller conjugal !"

Sur celui du Washington Post, blackwell575 évoque au contraire un "timing bizarre", alors que le général devait témoigner sur les événements qui ont coûté la vie à un ambassadeur américain à Benghazi en Libye.

Avec humour, Stanley Pignal, journaliste à The Economist, évoquait samedi dans un tweet des rumeurs de démission "en France du patron des services de renseignements pour de pas avoir eu d'aventure extraconjugale depuis plusieurs mois".

ff/are