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09/11/2012 06:24 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

USA: le groupe de défense Lockheed Martin revoit son plan de succession

Une liaison du futur directeur général avec une employée de Lockheed Martin est venue bouleverser vendredi les plans bien préparés du groupe de défense américain pour la succession l'année prochaine de son patron Robert Stevens, qui sera finalement remplacé par une femme.

Lockheed Martin a annoncé vendredi dans un communiqué la démission avec effet immédiat de son directeur d'exploitation, Christopher Kubasik, "après qu'une enquête d'éthique a confirmé qu'il avait eu une relation personnelle avec une subordonnée".

Le groupe affirme que l'affaire n'a "pas affecté la performance opérationnelle ou financière de l'entreprise". Elle a quand même chamboulé des plans de succession qui avaient été annoncés dès le mois d'avril.

M. Kubasik, âgé de 51 ans, était en effet censé devenir directeur général début janvier en remplacement de M. Stevens, qui détient actuellement le titre de PDG.

Le poste reviendra finalement à une femme, Marillyn Hewson.

Agée de 58 ans, elle dirigeait jusqu'ici les systèmes électroniques du groupe. Elle devait normalement seulement succéder à M. Kubasik comme directeur d'exploitation quand celui-ci deviendrait DG l'année prochaine. Ce remplacement intervient immédiatement, et elle obtient en plus une promotion imprévue.

L'affaire permettra en outre au groupe de défense de rejoindre le club encore relativement fermé des grandes entreprises américaines dirigées par une femme, aux côtés des groupes informatiques IBM ou Hewlett Packard, du fabricant de photocopieurs Xerox, du groupe de chimie DuPont ou encore du portail internet Yahoo!.

L'actuel PDG, âgé de 60 ans, restera pour sa part président exécutif après le 1er janvier, "pour faciliter la transition", selon le communiqué du groupe.

M. Stevens a assuré vendredi qu'il allait "rester très actif et impliqué dans l'activité de l'entreprise, jouant tout rôle qui sera utile, et ce tout au long de l'année 2013", et a reconnu être "profondément déçu et attristé par les actions" de celui qui devait le remplacer.

"Notre réponse rapide à ce comportement inapproprié montre notre engagement à tenir chaque employé responsable de ses actes", a-t-il toutefois jugé. "Heureusement, nous avons une équipe de direction solide et un plan de succession robuste qui ont permis au conseil d'administration et à moi de réagir rapidement et de manière appropriée à cette situation".

M. Kubasik ne partira pas les mains vides. D'après un avis transmis séparément par Lockheed Martin au gendarme boursier américain, la Commission des opérations de Bourse (SEC), il va toucher une indemnité de départ de 3,5 millions de dollars.

Le groupe lui maintient aussi sa couverture santé pendant dix-huit mois, mais il devra en revanche renoncer à un bonus pour l'année 2012 et respecter une clause de non concurrence.

L'affaire laissait dans l'immédiat Wall Street relativement indifférente. L'action Lockheed Martin était presque inchangée dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse (+0,07% à 90,04 dollars à 21H55 GMT).

Il est vrai que tout n'était pas négatif pour Lockheed Martin vendredi: le Pentagone a notifié le Congrès américain du projet de vente de 20 avions de transport C-130 et de 5 avions-ravitailleurs KC-130, deux de ses avions, à l'Arabie saoudite pour un montant de 6,7 milliards de dollars.

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