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09/11/2012 06:46 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

Qu'est-ce que la falaise fiscale?

On entend beaucoup parler ces dernières semaines du précipice fiscal qui guette les États-Unis. Mais qu'en est-il exactement?

On sait que l'expression désigne l'ensemble des hausses d'impôts et des baisses des dépenses publiques qui entrera automatiquement en vigueur si les élus américains n'arrivent pas à s'entendre d'ici la fin de l'année sur un plan pour rééquilibrer les finances du pays. Mais pourquoi les Américains sont-ils confrontés à cette menace?

En fait, ce sont les hasards du calendrier qui font qu'un certain nombre de mesures fiscales et budgétaires arrivent à échéance le 31 décembre 2012.

D'abord, les exemptions fiscales instaurées sous l'administration Bush et prolongées par l'administration Obama arrivent à échéance. Ainsi, sans entente, les ménages américains devront acquitter près de 400 milliards de plus en impôts à partir de 2013.

Ensuite, décembre marque la fin du Budget Control Act, l'accord budgétaire conclu difficilement par le Congrès en août 2011. Cette loi avait permis le relèvement du plafond de la dette, mais posait comme condition des coupes automatiques et drastiques dans les budgets de défense et de santé si aucun autre accord sur la réduction des dépenses n'était conclu avant son expiration. L'idée était de prévoir des coupes difficiles à accepter pour les démocrates (en santé) et pour les républicains (en défense), afin de pousser les deux partis à mettre au point un compromis.

En plus de cela, d'autres mesures viennent à échéance à la fin décembre, comme le doc fix, un délai dans l'application des impôts liés à l'application de la réforme de la santé, ou le payroll tax cut, un allégement de 2 % des impôts destinés aux retraites, prélevés sur les salaires.

La hausse des revenus n'est pas la bienvenue?

Bien que la hausse des impôts et la baisse des dépenses permettraient une très importante diminution du déficit budgétaire des États-Unis, qui passerait de 7,3 % du PIB pour l'année fiscale 2012 à 4 % en 2013, tous ces changements cumulés risquent d'entraîner une très importante plongée de l'activité économique.

Le Congressional Budget Office estime que dans un tel scénario, la croissance américaine passerait de 2,3 % en 2012 à - 0,3 % en 2013.