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09/11/2012 10:10 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

Quelque 11 000 Syriens ont fui dans les pays voisins en 24 heures

BEYROUTH - Quelque 11 000 Syriens ont fui leur pays en 24 heures, certains tentant désespérément de franchir les clôtures de barbelés à la frontière turque pour échapper aux violents combats entre les rebelles et les forces gouvernementales qui s'affrontent pour le contrôle d'une ville frontalière.

Cet exode massif est un signe de l'escalade de la violence en Syrie, où au moins 36 000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, en mars 2011. Malgré le bain de sang, le président El-Assad affirme qu'il n'y a pas de guerre civile en Syrie. Dans une rare entrevue télévisée diffusée vendredi, il a déclaré que son régime protégeait les Syriens contre le «terrorisme» soutenu par des pays étrangers.

Au moins 120 personnes ont été tuées vendredi dans les violences à travers la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Parmi les victimes figurent 18 personnes tuées lors d'un pilonnage intense sur la ville de Qouriyeh, dans la province de Deir el-Zour, frontalière avec l'Irak. Une voiture piégée a explosé à Maadamiyeh, en banlieue de Damas, tuant au moins quatre personnes, selon l'Observatoire.

L'afflux soudain de réfugiés syriens en Turquie, en Jordanie et au Liban, jeudi, «est le plus important que nous avons eu depuis un certain temps», a déclaré le coordonnateur régional du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Panos Moumtzis.

De 2000 à 3000 personnes fuient la Syrie chaque jour, et ce nouvel afflux porte à 408 000 le nombre de réfugiés syriens enregistrés par le HCR dans la région, a dit M. Moumtzis. La Turquie abrite à elle seule quelque 120 000 réfugiés syriens.

Durant la période de 24 heures qui a commencé jeudi, 9000 Syriens sont entrés en Turquie, selon les responsables de l'ONU. Parmi ces réfugiés, il y avait 70 blessés, dont deux qui sont morts par la suite. La Jordanie et le Liban ont accueilli 1000 réfugiés chacun.

Cet afflux de réfugiés est survenu lors de violents combats à Ras al-Ayn, un ville à majorité kurde de la région pétrolière d'Al-Hasaka, dans le nord-est de la Syrie. La ville est située sur la frontière, tout près de la ville turque de Ceylanpinar.

Jeudi, des rebelles ont pris le contrôle du poste frontalier entre les deux villes, selon le maire de Ceylanpinar, Ismail Aslan. Vendredi, les rebelles se sont emparés de trois complexes de la ville appartenant au renseignement militaire, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Plus de 20 militaires ont été tués dans les combats, d'après l'Observatoire. Les forces gouvernementales ont pilonné les positions rebelles vendredi matin, a indiqué M. Aslan. Les chars du régime se sont joints au combats, ont indiqué les Comités locaux de coordination, une autre organisation de l'opposition syrienne.

L'agence de presse turque Anadolu a par ailleurs annoncé vendredi qu'un groupe de soldats syriens, dont deux généraux et 11 colonels, s'étaient réfugiés en Turquie avec leurs proches. Ils ont été conduits dans un camp de déserteurs syriens, qui abrite déjà plusieurs dizaines de généraux.