NOUVELLES
09/11/2012 08:40 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

Des milliers de manifestants au Caire pour "l'application de la charia"

Plusieurs milliers d'islamistes égyptiens ultraconservateurs ont manifesté vendredi sur la place Tahrir au Caire pour réclamer l'application de la charia (loi islamique), qui fait l'objet de vifs débats au sein de la commission chargée de rédiger la future Constitution.

"Le Coran est au-dessus de la Constitution", "Application de la charia", proclamaient des pancartes accrochées sur la place emblématique de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011, selon un journaliste de l'AFP sur place.

"Le peuple veut l'application de la loi de Dieu!", ont scandé les manifestants.

"Pain, liberté, charia islamique", disait une autre pancarte, reprenant l'un des principaux slogans du soulèvement mais en remplaçant "justice sociale" par "charia".

Les Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, et le principal parti salafiste, Al-Nour, ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à la manifestation, baptisée "vendredi de l'application de la charia" et lancée à l'appel de groupes fondamentalistes comme le Front salafiste et la Gamaa Islamiya.

Les manifestants réclament le renforcement de la charia dans la future loi fondamentale. Les "principes de la charia islamique" étaient déjà la source principale de la législation dans l'ancienne Constitution, suspendue par les militaires après la chute de Hosni Moubarak.

Les ultraconservateurs musulmans font pression pour remplacer le terme "principes" par "préceptes", voire par "charia" tout court, ce que rejettent les milieux libéraux et laïques.

"Nous voulons l'application de la loi de Dieu. Nous ne voulons d'aucun article allant à l'encontre de la charia", a dit à l'AFP l'un des manifestants, Mohammed el-Helbawy.

"Il n'est difficile d'appliquer la charia à aucun moment et à aucune époque", a-t-il ajouté. Certains islamistes estiment qu'il faut appliquer la loi islamique "graduellement".

Le processus d'élaboration de la Constitution est en cours depuis plusieurs mois mais l'incertitude règne sur sa pérennité, en raison de recours en justice portant sur la composition de la commission constituante, dominée par les islamistes.

La justice administrative, saisie de demandes de dissolution de la commission constituante, a renvoyé le dossier devant la haute cour constitutionnelle.

Le nouveau patriarche copte d'Egypte Tawadros II, dont la communauté représente de 6 à 10% des 83 millions d'Egyptiens et s'inquiète de la montée en puissance des islamistes, a affirmé qu'il rejetterait la Constitution si celle-ci imposait un Etat religieux.

mae-iba/sw