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09/11/2012 02:37 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

Corruption: le maire de la 3e ville du Québec démissionne à son tour

Le maire de Laval, la troisième ville du Québec, a annoncé vendredi sa démission après 23 ans passés à la tête de cette banlieue de Montréal, devenant, en une semaine, le deuxième édile à jeter l'éponge après le scandale de corruption qui secoue la province francophone.

Gilles Vaillancourt, 72 ans, a fait l'objet depuis un mois de trois perquisitions menées dans le cadre d'une vaste enquête sur des appels d'offres truqués qui impliqueraient des entrepreneurs du BTP, la mafia italienne locale et des dirigeants politiques.

Aucune accusation formelle n'a toutefois été encore portée contre lui.

En retrait de ses fonctions depuis fin octobre, officiellement pour des raisons médicales, le maire de cette ville de 400.000 habitants a déclaré lors d'un point de presse qu'il avait "décidé de (se) retirer définitivement de la vie politique".

Son retrait intervient quatre jours après celui de Gérald Tremblay, qui dirigeait depuis 2001 Montréal, la deuxième ville du Canada. M. Tremblay venait d'être mis en cause par un ancien cadre de son parti politique dans le financement illégal de sa formation.

"Nous vivons actuellement des moments difficiles, pénibles", a souligné M. Vaillancourt, se disant "profondément blessé" par les "allégations" qui, "sans être prouvées, altèrent de façon irrémédiable la réputation" des élus.

M. Vaillancourt, qui quitte la politique, est soupçonné d'avoir touché nombre de pots-de-vin pour son rôle présumé dans l'octroi de contrats publics dans sa ville.

A Québec, le ministre provincial des Affaires municipales Sylvain Gaudreault a "salué" ce départ, estimant qu'il s'agissait de "la meilleure décision qui pouvait être prise".

Cette démission, comme celle de M. Tremblay, est une conséquence directe des révélations accablantes faites par des témoins à une commission d'enquête publique qui se penche sur la corruption dans l'octroi de contrats publics au Québec.

Dans la foulée, Michael Applebaum, le président du comité exécutif de la ville de Montréal -le numéro 2 de la ville- a lui aussi annoncé sa démission.

Le prochain maire, qui sera choisi vendredi prochain, devra assurer l'intérim jusqu'aux élections municipales de novembre 2013.

Face au grand déballage qui ne cesse de prendre de l'ampleur, M. Gaudreault a indiqué que son gouvernement comptait réformer le mode d'attribution des contrat publics, mais aussi celui du financement des partis politiques.

sab/are