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08/11/2012 03:10 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Santé, énergie, défense: les courtiers arbitrent après la réélection d'Obama

Mauvaise nouvelle pour le charbon ou bon signe pour les hôpitaux: les investisseurs ajustent leur portefeuille après la réélection du président démocrate Barack Obama, tentant de deviner quels secteurs vont pâtir ou profiter de ses politiques.

La reconduction à la présidence de M. Obama garantit par exemple le maintien de sa réforme de la santé, que le candidat républicain Mitt Romney avait promis d'abroger s'il arrivait au pouvoir.

Aussi les courtiers de New York se pressaient vers les titres de groupes hospitaliers, comme HCA (qui a pris 4,6% depuis mardi), ou de compagnies d'assurances tournées principalement vers les programmes de couverture santé subventionnés par l'Etat comme Centene (+7,0%).

Mais si la réforme conduit plus d'Américains à acquérir une assurance-maladie, "les contrôles sur les coûts seront aussi plus stricts et les marges vont se contracter", a prévenu Stuart Freeman, analyste à Wells Fargo.

Le secteur énergétique était un autre point d'achoppement entre les deux candidats pendant la campagne.

"Il y aura probablement plus de nouvelles réglementations sur le pétrole, peut-être plus d'impôts pour les sociétés du secteur, ainsi que des restrictions sur les forages de gaz naturel", ce qui heurte des groupes comme Chesapeake (-6,7% comparé au cours de mardi soir), a remarqué John Praveen, responsable de la stratégie d'investissement à Prudential Financial.

Et même si une nouvelle administration Obama ne va probablement pas mener "une guerre contre le charbon", comme l'a clamé M. Romney, elle sera certainement moins favorable au développement de cette industrie que ne l'aurait été une présidence républicaine.

Depuis mardi soir, le groupe minier Alpha Natural Resources a ainsi perdu près de 16% de sa valeur en Bourse.

Après une décennie de croissance du budget du Pentagone, les entreprises liées à la défense risquent de leur côté de se serrer un peu la ceinture, Barack Obama entendant stabiliser le budget de la Défense à 2,9% du PIB sur les dix prochaines années. Lockheed Martin en ressentait déjà les effets, lâchant 5% depuis le soir du scrutin.

Mais, a nuancé Dan Greenhaus, de BTIG, les groupes du secteur "ont eu d'excellents résultats sous l'administration Obama et cela pourrait continuer".

La réélection du démocrate n'apparaît pas non plus comme une bonne nouvelle pour le secteur des télécommunications, soumis depuis quatre ans "à une action beaucoup plus agressive de la part de la FCC (régulateur américain du marché des télécoms), notamment sur le contrôle antitrust", a remarqué M. Praveen.

Ce secteur, qui distribue habituellement des dividendes élevés, pourrait aussi être affecté si M. Obama parvient à faire adopter une loi sur la hausse des impôts sur les dividendes, a ajouté l'analyste. Le numéro un des télécoms américains AT&T a ainsi perdu 3,6% depuis mardi.

Les compagnies financières ont aussi accueilli froidement le renouvellement de l'administration ainsi que l'accession au Sénat d'Elizabeth Warren, opposante féroce aux banques.

Leurs marges de manoeuvres pourraient être contraintes par plus de réglementation, ce qui ne plaît pas aux investisseurs qui ont largement sanctionné les valeurs bancaires depuis mardi, faisant par exemple dévisser Morgan Stanley de 8,85%.

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