NOUVELLES
08/11/2012 03:45 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Prison à vie pour l'auteur du massacre de Tucson, les victimes s'épanchent

L'auteur de la fusillade de Tucson (Arizona, sud-ouest), qui avait fait six morts en 2011, a été condamné jeudi à la prison à vie au cours d'une audience où de nombreuses victimes sont venues témoigner, pour s'adresser une dernière fois à leur bourreau et tenter de tourner la page.

Jared Loughner, 24 ans, passera le restant de ses jours derrière les barreaux, sans possibilité de libération anticipée. La sentence prévoit techniquement sept peines consécutives de prison à vie -- six pour chacune des victimes et une pour la tentative d'assassinat de l'ancienne parlementaire Gabrielle Giffords --, suivies par 140 ans de prison.

"Il n'aura plus jamais l'occasion d'utiliser une arme", a déclaré le juge fédéral Larry Burns en lisant la sentence. "Les preuves montrent qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait, malgré sa maladie mentale", a-t-il ajouté.

Après plus d'un an de traitement psychiatrique en prison, Jared Loughner avait plaidé coupable en août dernier, échappant ainsi à un procès et une éventuelle condamnation à mort.

Le jeune homme avait ouvert le feu le 8 janvier 2011 sur une aire de supermarché où Gabrielle Giffords tenait une réunion politique, faisant 6 morts, dont une fillette de 9 ans et un juge fédéral.

Jeudi, face au défilé de victimes venues témoigner au tribunal, le jeune homme a manifesté peu d'émotion, alors que ses parents Amy et Randy étaient assis au premier rang du public.

Mme Giffords, qui a démissionné du Congrès en janvier dernier, a assisté à une partie de l'audience mais ne s'est pas exprimée, laissant la parole à son mari, l'astronaute Mark Kelly.

"Gabby échangerait sa vie pour chacune de celles que vous avez prises ce jour-là", a-t-il déclaré, cité par la télévision locale de Tucson KVOA. "Vous avez essayé de créer un monde aussi sombre et malveillant que le vôtre. Mais souvenez-vous: vous avez échoué".

"A partir d'aujourd'hui, Gabby et moi ne penserons plus jamais à vous", a-t-il ajouté.

Plusieurs autres victimes sont venues témoigner à l'audience, à l'instar de Mavanell Stoddard, dont le mari de 76 ans est mort en la protégeant de son corps.

"Vous m'avez enlevé ma vie, mon amour, ma raison de vivre. J'ai senti son corps partir. Je le serrais contre moi quand il est mort", a-t-elle lancé à Jared Loughner. "Mais je vous pardonne. Ce n'est pas vous que je hais, c'est l'acte", a-t-elle ajouté. Avant de conclure: "Vous avez oublié de retourner l'arme contre vous".

Mary Reed, blessée dans la fusillade, a précisé qu'elle était à "moins d'un mètre" de Loughner quand il a ouvert le feu, et qu'elle avait fait bouclier de son corps pour protéger sa fille.

Ron Barber, un collaborateur de Gabrielle Gifford touché à la jambe pendant la fusillade, et qui a été élu en juin au Congrès en remplacement de la parlementaire, a affirmé devant la cour que Loughner "devait payer le prix de la terreur, la violence et les blessures qu'il avait causées".

"Je n'ai pas de haine contre vous, mais je suis furieux, au plus profond de moi, de ce que vous avez fait, et du mal que vous nous avez fait à tous", a-t-il dit. "Vous devez maintenant porter votre fardeau et ne plus jamais sortir de prison".

Pam Simon, une autre victime de Jared Loughner, a quant à elle fait porter la responsabilité du drame sur "la société".

"Je sais que vous n'avez pas choisi d'être malade. Vous nous rappelez l'échec de la société à l'heure de fournir un traitement décent pour les maladies mentales", a-t-elle déclaré.

rr/bdx