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08/11/2012 03:46 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Paris demande à Téhéran d'enquêter sur la mort en détention d'un blogueur

La France a appelé jeudi les autorités iraniennes à "faire toute la lumière" sur les circonstances de la mort en détention d'un blogueur arrêté le 28 octobre, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

"Nous sommes profondément choqués d'apprendre la mort en détention du blogueur Sattar Beheshti. Nous appelons les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur les circonstances de son décès", a déclaré Vincent Floréani, porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.

Sattar Beheshti, dont la mort a été annoncée par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme, était emprisonné dans le centre de détention de Kahrizak, au sud de Téhéran, selon le Quai d'Orsay.

"La France exprime sa plus vive inquiétude quant à la dégradation constante de la situation des droits de l'Homme en Iran", a affirmé M. Floréani.

Les Moudjahidine du peuple iranien (OMPI), principal groupe de l'opposition iranienne à l'étranger, ont également annoncé la mort du militant des droits de l'Homme. "Le prisonnier politique Sattar Beheshti, 35 ans, a été tué sous la torture par les bourreaux du régime, huit jours après son arrestation", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Amnesty international a appelé dans un communiqué l'Iran à ouvrir "immédiatement" une enquête sur la mort du blogueur, notamment afin d'établir s'il est mort des suites de tortures.

"Il y a des craintes que Sattar Beheshti soit mort des suites de tortures infligées dans un centre de détention iranien, après avoir apparemment déposé plainte au sujet de ces tortures, ce qui est tout à fait plausible étant donné le passé de l'Iran concernant les morts en détention", a déclaré Ann Harrison, vice-directrice de l'ONG pour le Moyen-Orient.

Selon Amnesty, Beheshti tenait un blog qui n'était pas particulièrement connu dans lequel il critiquait le gouvernement, et s'était plaint, la veille de son arrestation, d'un message de menace qui disait: "Ta mère sera bientôt en noir parce que tu ne veux pas la fermer".

Pour le Quai d'Orsay, "la détérioration croissante des conditions de détention, récemment dénoncée par 33 prisonnières de la prison d'Evine, constitue une source de préoccupation majeure pour la France". "La répression des voix dissidentes qui s'expriment pacifiquement en Iran est inacceptable", a souligné le porte-parole adjoint du ministère.

Amnesty International a appelé récemment l'Iran à enquêter sur des accusations de mauvais traitements infligés à des détenues de la prison d'Evine à Téhéran par leurs gardiennes.

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