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08/11/2012 11:40 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Les voisins du Mali finalisent leur plan d'intervention militaire

La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est sur le point de finaliser son plan d'intervention militaire visant à reconquérir le nord du Mali, occupé par des groupes islamistes armés depuis la fin juin.

Selon un communiqué reçu par l'Agence France-Presse (AFP), les 11 chefs d'État de la CEDEAO se réuniront dimanche à Abuja, au Nigeria pour adopter ce plan. Le tout sera ensuite remis à l'Union africaine, qui le transmettra au Conseil de sécurité des Nations unies pour approbation.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense se rencontreront vendredi dans la capitale nigériane pour discuter du plan au préalable, a précisé à l'AFP un porte-parole de la CEDAO, Sunny Ugoh.

Les chefs d'État-major de la CEDEAO ont déjà approuvé ce qu'ils appellent le « concept d'opération harmonisée » lors d'une rencontre tenue mardi dans la capitale malienne, Bamako.

Le plan, élaboré la semaine dernière par des experts Occidentaux et maliens, précise la composition de la force militaire, le niveau de participation des pays de la CEDEAO qui en constitueront le noyau, le financement et les moyens militaires dont elle disposera.

Selon des sources proches des rencontres de Bamako, la force pourrait comprendre 4000 hommes, plutôt que 3000, comme cela était initialement prévu, et comprendre des éléments non africains. Il est déjà prévu que les occidentaux apportent un soutien logistique.

On ne sait toujours qui financera les opérations de cette force, qui sera baptisée Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). Aucune estimation du coût des opérations n'a d'ailleurs été dévoilée.

Le communiqué de la CEDEO indique cependant que les chefs d'État-major demandent « à la CEDEAO, en collaboration avec l'Union africaine, de mettre sur pied un comité restreint de planificateurs pour peaufiner le concept harmonisé et d'organiser [...] une conférence des donateurs ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait voté une résolution donnant à la CEDEAO 45 jours pour préciser ses plans de reconquête du Mali.

Une offensive diplomatique menée en parallèle

À Ouagadougou, président du Burkina Faso, Blaise Comparoé, recevra jeudi le général Sékouba Konaté, qui supervise la préparation du plan d'intervention militaire pour l'Union africaine.

Selon une source de l'AFP, les deux hommes doivent évoquer « les questions liées à la juxtaposition de l'intervention militaire et du dialogue en cours ».

Prônant un dialogue politique avant le recours à la force, le président du Burkina Faso a engagé des discussions avec Ansar Dine.

Le groupe a officiellement proclamé mardi à Ouagadougou son « rejet de toute forme d'extrémisme et de terrorisme » et appelé au dialogue, mais leur bonne foi est mise en doute par nombre d'Occidentaux.

L'Algérie, qui partage une frontière de centaines de kilomètres avec le nord du Mali, ne rejette plus une option militaire dans ce pays, mais continue de préconiser le dialogue pour mettre un terme à la crise.

Dans un entretien publié jeudi par le quotidien francophone Le Soir, le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia rejette l'argument évoqué par les Occidentaux selon lequel le nord du Mali risque de se transformer en base arrière d'Al-Qaïda.

« Au plan de la sécurité, les arguments avancés consistant à dire que le Sahel va devenir un autre Afghanistan ne tiennent pas debout », a-t-il déclaré. « Si les gens s'imaginent qu'il faut réinstaurer l'autorité centrale [du Mali] sur le Nord par la voie de la guerre, cela aura des conséquences très graves. »

« Nous avons chez nous aussi des populations touareg qui ont des liens très forts avec ceux du Nord-Mali et, de ce fait, cela risque de compliquer les choses », a-t-il insisté en ajoutant : « c'est ce que l'Algérie tente d'empêcher en demandant à ce que l'on règle d'abord les problèmes politiques. »

M. Ould Kablia assure toutefois que « le débordement éventuel de la guerre sur notre pays ne peut arriver. Nous avons des frontières bien contrôlées, bien maîtrisées ».