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08/11/2012 05:51 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

La Croix-Rouge impuissante face au drame syrien, combats à Damas

La Croix-Rouge a affirmé jeudi ne plus parvenir à faire face à l'aggravation de la situation humanitaire en Syrie, où les violences se sont intensifiées ces derniers jours, notamment à Damas, secouée par des combats et bombardements.

Alors que la tension n'a cessé de s'accroître entre le régime de Bachar al-Assad et Ankara depuis le début du conflit syrien en mars 2011, le président turc Abdullah Gül a assuré que son pays se réservait le droit de se doter de tout type d'armes afin d'assurer sa défense.

Entre-temps, les différents courants de l'opposition étaient réunis à Doha pour tenter de présenter un front plus uni face au régime Assad.

"Nous ne pouvons pas développer nos opérations suffisamment vite face à l'aggravation de la situation humanitaire en Syrie", a affirmé le président du Comité international de la Croix-Rouge Peter Maurer.

"Les combats se développent et il y a donc plus de blessés, plus de situations de crise", a-t-il souligné. "Il y a beaucoup de points blancs où aucune aide ne parvient, nous ne savons pas quelle est la situation ni combien de personnes sont concernées", a-t-il ajouté.

Le patron du CICR a précisé que son organisation avait pu faciliter depuis cet été l'arrivée de l'aide et atteindre notamment des zones jusqu'ici inaccessibles comme il y a quelques jours deux quartiers de Homs (centre). Mais le CICR n'a pas accès à Alep par exemple.

La veille, un réseau de médecins syriens avait affirmé que la quasi-totalité de l'aide internationale envoyée au Croissant-Rouge arabe syrien à Damas était "confisquée par le régime", un fait réfuté par le CICR.

L'ONU estime que plus de 2,5 millions de personnes sont fortement affectées par la guerre, parmi lesquelles près de 360.000 réfugiés officiellement enregistrés dans les pays limitrophes.

Plusieurs villes, notamment Homs, sont assiégées depuis des mois et les militants affirment que la situation humanitaire y est désormais intenable.

Jeudi, mettant à profit son principal atout, l'aviation, le régime poursuivait ses raids, larguant notamment des bombes sur le nord-ouest d'Alep, la métropole commerçante du Nord que se disputent depuis plus de trois mois avec acharnement soldats et rebelles, selon des habitants.

A Damas, où combats et attentats se sont récemment multipliés, visant notamment la minorité alaouite dont est issu le président Assad, plusieurs roquettes sont tombées sur des quartiers de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONG, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins à travers le pays, a également fait état de combats, notamment dans le quartier de Mazzé.

"Je n'en peux plus. Chaque trajet est un calvaire car, il y a sept points de contrôle et sur le chemin, je risque d'être tuée ou enlevée contre une rançon ou pour des motifs confessionnels", dit Amira, cadre supérieur dans un ministère à Damas.

Selon un premier bilan de l'OSDH, 20 personnes ont péri jeudi en Syrie, au lendemain de la mort de 133 personnes.

Alors la Turquie et l'Otan sont en discussions sur un éventuel déploiement de batteries de missiles sol-air et antimissiles Patriot sur son sol, le président turc Gül a souligné que la Turquie se réservait le droit de se doter de tout type d'armes face à la menace syrienne.

"Les Patriot (...) sont discutés au sein de l'Otan. Il n'est que naturel pour nous de prendre toutes les mesures nécessaires pour notre propre défense", a-t-il dit.

Excluant toute volonté de la Turquie "de faire la guerre avec la Syrie" voisine, il a néanmoins mis en garde ce pays contre toute attitude "insensée" pouvant viser le territoire turc.

Toujours en Turquie, pour la deuxième fois en moins d'un mois, un avion arménien transportant de l'aide humanitaire pour Alep, où réside une importante communauté arménienne, a été contraint d'atterrir pour une fouille de sa cargaison, a rapporté l'agence Anatolie.

Pendant ce temps, au Qatar, plusieurs composantes de l'opposition examinaient avec le Conseil national syrien (CNS), sa principale coalition récemment désavouée pour son manque de représentativité, une initiative de l'ancien député Riad Seif refondant l'opposition pour en faire une alternative crédible au régime de Damas.

Le CNS, qui devait se doter d'une nouvelle direction à la veille de cette conférence cruciale, a reporté le choix de son président à vendredi car il doit encore nommer quatre membres représentant les femmes et les minorités.

Ces nominations d'office ont été décidées car aucune femme n'a été élue au secrétariat général. Deux représentants des minorités religieuses, sûrement un alaouite et un chrétien, doivent également être associés afin de renforcer les équilibres au sein du CNS dominé par les islamistes.

Son chef actuel, Abdel Basset Seyda, demeure membre du secrétariat général mais d'autres opposants de premier plan, comme Burhan Ghalioun, ex-chef du CNS, ou M. Seif n'en font pas partie.

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