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08/11/2012 06:30 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Assad veut "vivre et mourir en Syrie", met en garde contre une intervention étrangère

Le président Bachar al-Assad a affirmé qu'il voulait "vivre et mourir en Syrie" et mis en garde contre les "conséquences mondiales" d'une intervention étrangère dans son pays, dans une interview accordée à une télévision russe et dont des extraits ont été publiés jeudi.

"Je ne suis pas une marionnette. Je n'ai pas été fabriqué par l'Occident pour aller en Occident ou dans un autre pays. Je suis syrien et je dois donc vivre et mourir en Syrie", a déclaré M. Assad, qui fait face depuis près de 20 mois à une révolte devenue conflit armé, à la chaîne russe en langue arabe Roussiya al-Youm.

Mardi, le Premier ministre britannique David Cameron s'était dit favorable à une sortie sécurisée de M. Assad de Syrie si cela pouvait mettre fin à l'effusion de sang, l'opposition posant comme condition sine qua non à tout dialogue politique le départ de M. Assad.

"Certainement, je ne lui offre pas un plan de sortie en Grande-Bretagne, mais s'il veut partir, il pourrait partir, cela pourrait être arrangé", a déclaré M. Cameron, se disant favorable à "tout pour voir cet homme quitter le pays et avoir une transition sûre en Syrie".

Alors que l'opposition et les rebelles syriens appellent, jusqu'alors en vain, la communauté internationale à agir en Syrie, M. Assad a estimé qu'une telle intervention entraînerait "un effet domino" qui affecterait "le monde de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique".

Présentant son pays comme le "dernier bastion de la laïcité, de la stabilité et de la coexistence dans la région", il a estimé que "le coût d'une invasion étrangère de la Syrie, si elle avait lieu, sera tel que le monde entier ne sera pas en mesure de l'assumer".

"Je ne pense pas que l'Occident aille dans cette direction, mais s'il le fait, personne ne peut prédire ce qui se passera après", a-t-il poursuivi, dans une vidéo mise en ligne par la chaîne dans laquelle ses propos, tenus en anglais, sont traduits en arabe.

Le régime de Damas assimile la rébellion à des "bandes terroristes armées" financées par l'étranger dans le but de semer le chaos dans le pays.

Les apparitions et les interventions du chef de l'Etat sont rares. La télévision d'Etat l'a montré la dernière fois le 26 octobre, au premier jour d'une trêve négociée par l'émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, pour la fête musulmane d'al-Adha mais violée dès les premières heures de son entrée théorique en vigueur.

La Syrie est en proie depuis mi-mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé. Les violences ont fait plus de 37.000 morts, selon une ONG syrienne.

bur-sbh/cco