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08/11/2012 01:24 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Ahmadinejad affirme que la question nucléaire doit être réglée avec les Etats-Unis

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, invité controversé d'un forum sur la démocratie en Indonésie, a déclaré jeudi que la question du nucléaire iranien devait être réglée avec les Etats-Unis, a rapporté l'agence officielle Irna.

La question du nucléaire "doit être réglée dans le cadre des relations entre l'Iran et les Etats-Unis", a déclaré le président Ahmadinejad.

"Tous les Etats membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et même des pays membres du groupe 5+1 nous disent clairement que l'Iran doit régler ce problème avec les Etats-Unis", a-t-il insisté, toujours selon Irna.

L'Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) cherchent une issue à la crise provoquée par le développement d'installations nucléaires par l'Iran, qui assure qu'elles sont civiles alors que les Occidentaux les soupçonnent d'avoir une visée militaire.

Les négociations doivent reprendre d'ici la fin du mois de novembre.

M. Ahmadinejad a par ailleurs fustigé jeudi l'élection présidentielle américaine qui a vu la reconduction de Barack Obama, la qualifiant de "champ de bataille pour capitalistes".

"Regardez la situation en Europe et aux Etats-Unis. Une élection, qui est une manifestation de la volonté populaire, est devenue un champ de bataille pour capitalistes, et une excuse pour dépenser une fortune", a-t-il déclaré.

"C'est pourquoi de nombreux éléments indépendants, capables et possédant un coeur pur n'ont aucune chance de participer à un gouvernement. La justice, la liberté et la dignité humaine sont sacrifiées sur l'autel de l'égoïsme d'une minorité puissante", a-t-il ajouté lors d'un bref discours dans le cadre du Forum de Bali sur la démocratie, qui se tient jusqu'à vendredi sur l'île indonésienne.

Le dirigeant iranien a cependant refusé à plusieurs reprises de commenter directement la reconduction du président Obama.

"Perdre ou gagner, arriver ou partir, là n'est pas l'important. L'important, ce sont les politiques et les comportements et ces comportements doivent changer", a tranché M. Ahmadinejad, lors d'une conférence de presse en marge du forum.

Précisant sa pensée, il a estimé qu'il fallait "espérer le jour où les bases militaires américaines seraient démantelées à travers le monde", appelant à mettre fin à "l'esprit d'intervention et d'ingérence des politiciens américains".

M. Ahmadinejad a une nouvelle fois défendu le programme nucléaire iranien qu'il a qualifié de "pacifique", et accusé Washington d'être responsable de la détérioration des relations avec Téhéran. "Après la révolution iranienne, les Etats-Unis ont rompu leurs relations avec l'Iran et ils ont commencé à nous être hostiles. Cette situation n'est pas la faute de notre peuple", a-t-il ajouté.

La présence du dirigeant à ce forum sur la démocratie a été critiquée par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme. Le colloque, qui vise à promouvoir la démocratie dans la région, réunit onze chefs d'Etat et de gouvernement. Il n'est pas destiné à aboutir à des mesures concrètes et se résume à des débats.

Outre M. Ahmadinejad, participent notamment les présidents afghan Hamid Karzaï et sud-coréen Lee Myung-Bak, ainsi que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et la chef du gouvernement australien Julia Gillard.

Avec cette liste de dignitaires, le rendez-vous diplomatique représente pour le président iranien l'opportunité de rechercher des soutiens internationaux dans son bras de fer contre l'Occident et Israël.

L'Indonésie, plus grand pays musulman au monde par sa population, est une fidèle alliée de Téhéran et a déjà accueilli son chef d'Etat.

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