NOUVELLES
07/11/2012 11:53 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

USA: le "mur budgétaire", héritage d'un psychodrame politique sur la dette

Le "mur budgétaire", un des défis auxquels est confronté le président réélu Barack Obama, désigne un mécanisme législatif hérité d'un psychodrame politique sur la dette des Etats-Unis et risquant d'imposer au pays une cure de rigueur forcée dès le 1er janvier prochain.

Baptisée "fiscal cliff" en anglais, ou surnommée "Taxmageddon", cette perspective qui affole les dirigeants de la planète et pourrait faire replonger le pays en récession trouve ses origines à l'été 2011.

Après des semaines de négociation sous haute tension, l'administration Obama arrache alors in extremis début août un accord avec le Congrès, en partie dominée par l'opposition républicaine, pour relever le plafond de la dette au-delà de son montant autorisé et éviter au pays de se retrouver en situation de défaut de paiement.

Mais en échange, les parlementaires obtiennent des garanties sur un plan de réduction à long terme de la dette américaine, qui approche alors 100% du produit intérieur brut (PIB).

Une loi est alors votée pour graver dans le marbre l'objectif de réduction du déficit de 1.200 milliards de dollars sur 10 ans, à partir de 2013. Une commission spéciale, réunissant démocrates et républicains, est chargée de concocter ce plan de réduction.

Pour éviter que la volonté politique ne s'effrite, la loi prévoit un mécanisme contraignant: si aucun accord pour parvenir à cet objectif n'est trouvé d'ici à fin 2012, le budget de l'Etat sera amputé de plusieurs centaines de milliards de dépenses tandis que des hausses d'impôts massives entreront en vigueur.

Aucun accord n'ayant, depuis, été trouvé entre le Congrès et la Maison Blanche, c'est cette perspective qui risque de se matérialiser aujourd'hui, avec des conséquences imprévisibles pour la première économie de la planète et ses partenaires.

Le budget fédéral pourrait subir des baisses automatiques d'environ 10% pour tous les ministères dès 2013 tandis que les impôts augmenteraient parallèlement de 20% pour l'ensemble des foyers américains, selon les projections d'un centre de réflexion de Washington, le Tax Policy Center.

Cette cure de rigueur pourrait faire replonger les Etats-Unis en récession dès l'année prochaine, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), organisme indépendant des partis, à l'heure où la dette publique continue de flamber, dépassant 16.200 milliards de dollars, soit 103% du PIB américain.

jt/mj/sl/rap