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07/11/2012 02:31 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

David Cameron visite un camp de réfugiés syriens en Jordanie

Le Premier ministre britannique David Cameron a promis mercredi de faire plus pour résoudre la crise syrienne, lors d'une visite dans le grand camp de réfugiés de Zaatari, dans le nord de la Jordanie, dernière étape d'une tournée régionale.

"Ici en Jordanie, j'entends des histoires horribles sur ce qui s'est passé en Syrie. Alors, l'une des premières choses dont je voudrais discuter avec Barack (Obama) est comment nous pouvons essayer de faire plus pour résoudre cette crise", a déclaré M. Cameron à la presse peu après l'annonce de la réélection du président américain.

Arpentant le camp où 36.000 Syriens vivent dans des tentes et des caravanes, M. Cameron a discuté avec des responsables du Haut commissariat pour les réfugiés des nations unies (HCR), mais aussi avec une réfugiée voilée et souriante qui faisait la queue à un bureau de l'administration.

Il s'est ensuite rendu dans une école gérée par l'Unicef à l'intérieur du camp, où des enfants ont chanté pour lui en arabe. Mais dans les travées poussiéreuses du camp, peu s'intéressaient à l'identité ou aux propos du visiteur.

"C'est le roi?", a demandé un enfant qui jouait au football, sans interrompre sa partie.

L'immense camp de Zaatari, qui illustre à grande échelle toutes les difficultés liées à la crise de réfugiés syriens, est en effet devenu un point de passage quasi-obligé pour les responsables politiques en tournée dans la région.

"Cette visite ne va rien changer. Beaucoup de gens sont venus nous voir et on ne reçoit jamais rien", a déclaré Hayal Jabr, professeur de mathématiques de 26 ans. "Nous n'avons pas de stylos, nous n'avons pas de cahiers, nous n'avons rien pour écrire au tableau", a énuméré une autre enseignante, Oum Omar.

"Nous ne savons pas qui vient et pourquoi. Aucune de ces visites n'a changé quelque chose", a expliqué Abou Firas, père de quatre enfants qui a fui Deraa, dans le sud syrien, il y a trois mois.

Pendant sa visite, M. Cameron s'est engagé à accroître l'aide aux réfugiés syriens de 14 millions de livres (17,5 millions d'euros) pour la porter à 50 millions de livres (62,5 millions d'euros).

Le HCR a officiellement enregistré près de 360.000 réfugiés syriens dans les pays limitrophes, mais selon l'ONU, plus de 2 millions de Syriens sont profondément affectés par le conflit.

Après sa visite de l'école, M. Cameron est reparti pour Amman, où il s'est entretenu avec le roi Abdallah II avant de regagner Londres.

Mardi, M. Cameron s'était dit favorable à une sortie sécurisée du président Bachar al-Assad de Syrie si cela pouvait mettre fin à l'effusion de sang. Mais ces déclarations, pas plus que l'annonce mercredi par Londres de discussions avec l'opposition armée, n'ont pas atténué le sentiment d'abandon des réfugiés.

"Cela fait des mois que nous entendons parler de discussions. Nous n'avons pas besoin de cela, ça permet juste au régime de tuer plus de gens", a estimé Ahmed al-Hariri, un réfugié aux yeux hagards. "Nous avons besoin d'action, pas de discussions".

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