NOUVELLES
07/11/2012 12:15 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Croissance, "mur budgétaire", Iran et Syrie: les défis du président Obama

Croissance économique, chômage, "mur budgétaire", crise nucléaire avec l'Iran et guerre en Syrie: le président des Etats-Unis réélu mardi, Barack Obama, fait face à des défis qu'il devra relever dès le lendemain de sa victoire.

 

MUR BUDGETAIRE

"Le plus grand défi du président est le +mur budgétaire+ et plus largement la santé budgétaire des Etats-Unis d'Amérique", tranche James Lindsay, vice-président du centre de réflexion de Washington Council on Foreign Relations. Son confrère de la Brookings Institution, Justin Vaïsse, pense aussi que "le dossier budgétaire domine tous les autres".

Les Etats-Unis sont confrontés à un inquiétant "mur budgétaire" ("fiscal cliff"): faute d'accord au Congrès entre démocrates et républicains d'ici au 31 décembre, des coupes budgétaires et hausses d'impôts vont entrer en vigueur automatiquement pour réduire le déficit public, au risque de saper la fragile reprise économique de la première puissance mondiale.

Le Congrès doit également s'entendre pour relever le plafond de la dette, qui pourrait être atteint d'ici à la fin de l'année, et éviter aux Etats-Unis de se retrouver en défaut de paiement.

A la date du 6 novembre, la dette publique du pays s'élevait à 16.209 milliards de dollars, soit 107% de son produit intérieur brut (PIB).

CROISSANCE ET CHOMAGE

Pour bon nombre d'analystes, l'état de l'économie américaine est au coeur des enjeux et des défis du président Obama. La croissance du PIB des Etats-Unis s'est accélérée au troisième trimestre (+2% en rythme annualisé), mais reste insuffisante pour faire reculer le chômage. Le taux de chômage était de 7,9% en octobre après être tombé en septembre à 7,8%, son plus bas niveau depuis l'arrivée du président Obama à la Maison Blanche en janvier 2009.

 

L'IRAN

La crise nucléaire iranienne sera "le dossier le plus brûlant" du président réélu, estime M. Vaïsse, "parce que le président Obama a engagé la parole des Etats-Unis de façon explicite devant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour que l'Iran n'ait pas la bombe".

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce qu'il dément.

A la veille du scrutin américain, M. Netanyahu s'est déclaré "prêt, s'il le faut", à déclencher une attaque contre les sites nucléaires iraniens. Le chef du gouvernement israélien a pressé --en vain-- ces dernières semaines l'administration Obama de fixer une "ligne rouge" à Téhéran afin de l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire.

L'ancien ambassadeur américain en Israël Martin Indyk pense aussi que l'Iran est "le défi de 2013". Aux yeux de M. Lindsay, "soit les Iraniens s'arrêtent, soit les Etats-Unis devront prendre les décisions qui s'imposent".

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont déjà déployé un arsenal de sanctions contre l'Iran pour le faire plier, mais veulent avant tout "éviter une frappe israélienne", relève M. Vaïsse.

"Si les sanctions et un début d'effondrement du régime iranien provoquent une course à la bombe, alors le président américain pourrait être confronté à une décision d'entrer en guerre en 2013 ou 2014", prédit l'expert français.

 

LA SYRIE

Pour M. Vaïsse, "la non-intervention militaire en Syrie a produit une radicalisation de la lutte contre le régime, un appel d'air pour les jihadistes et Al-Qaïda, une guerre civile qui a un impact sur la Jordanie, l'Irak et les équilibres au Liban". L'ambassadeur Indyk redoute aussi "une descente aux enfers avec une guerre communautaire" entre musulmans chiites et sunnites qui pourrait s'étendre aux monarchies pétrolières du Golfe, alliées des Américains.

M. Obama devrait se contenter de déployer "une palette d'options pour limiter la casse", selon M. Vaïsse.

nr/jt