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07/11/2012 01:59 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Bahreïn: 31 militants chiites déchus de leur nationalité (officiel)

Les autorités bahreïnies ont déchu de leur nationalité 31 militants chiites, dont deux anciens députés, pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", a rapporté mercredi l'agence de presse officielle BNA.

Cette décision a été annoncée dans un communiqué du ministère de l'Intérieur qui énumère les noms de 31 Bahreïnis déchus de leur nationalité, y compris les frères Jawad et Jalal Fairouz, deux ex-députés du principal groupe de l'opposition chiite Al-Wefaq.

Les personnes concernées peuvent faire appel de cette mesure devant la justice, ajoute le communiqué sans plus de détails.

Parmi les personnes touchées par cette mesure figure aussi Ali Mashaima, fils de Hassan Mashaima, chef du mouvement chiite radical Haq, qui purge une peine de prison à vie pour complot contre la monarchie.

Certains "vivent à l'étranger", selon des sources proches de l'opposition.

"La plupart" des Bahreïnis déchus de leur nationalité "avaient été acquittés par un tribunal d'exception", mis en place l'an dernier pour juger les suspects d'atteinte à la sûreté de l'Etat lors de la contestation anti-gouvernementale, a indiqué l'ex-député chiite Matar Matar, invitant dans un bref communiqué la communauté internationale à réagir à cette mesure.

Le ministère de l'Intérieur précise que sa décision avait été prise pour "préserver la sécurité nationale" et dans le respect "de la Charte internationale des droits de l'Homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques", selon BNA.

Deux ONG locales --Bahrain Youth Society for Human Rights et Bahrain Center for Human Rights-- ont exprimé "leur profonde inquiétude" face à cette mesure, dénonçant dans un communiqué un harcèlement "systématique d'éminents militants politiques, d'anciens députés et de religieux".

Cette décision est "destinée à les sanctionner pour avoir exprimé leur opposition pacifique et intimider, ainsi, d'autres pour qu'ils n'exercent pas leur droit à la liberté d'expression", ajoutent-elles.

Elles appellent à des pressions internationales sur les autorités de Manama pour qu'elles reviennent sur leur décision et "cessent immédiatement les violations systématiques et généralisées en matière de droits de l'Homme".

La police a annoncé que "des terroristes" avaient attaqué aux cocktails Molotov mercredi à l'aube un entrepôt de voitures d'une marque sud-coréenne à Sitra, une village chiite près de Manama.

Les assaillants ont ligoté les deux gardiens de l'entrepôt durant l'attaque, qui s'est soldée par 59 voitures endommagées, selon la police cité par Bna.

Ces développements sont intervenus deux jours après l'annonce par les autorités de cinq attentats à la bombe ayant tué lundi à Manama deux ressortissants asiatiques et blessé un troisième, sans identifier leurs auteurs. Quatre suspects ont été ensuite arrêtés.

Dans un communiqué mercredi, six groupes de l'opposition bahreïnie, dont Al-Wefaq, ont annoncé leur rejet et leur condamnation "la violence sous toutes ses formes et d'où qu'elle vienne" et défendu "les droits des citoyens à la liberté d'expression et de rassemblement pacifique".

Dans leur bras de fer avec l'opposition, les autorités bahreïnies ont décidé fin octobre d'interdire les manifestations de rue à la suite d'une série de rassemblements de protestation, parfois émaillées de violences, contre le pouvoir.

Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire, dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

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