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06/11/2012 06:27 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Vendée Globe - Les Imoca 60: surpuissants et très inconfortables

Les voiliers sur lesquels 20 skippers français et étrangers prendront le départ du 7e Vendée Globe samedi aux Sables d'Olonne, sur la côte française de l'Atlantique, sont des monocoques surpuissants et très inconfortables, à des années-lumière du bateau de M. Tout-le-Monde.

Longs de 18,28 m (60 pieds), larges de 5,50 à 6 m, surtoilés (Mirabaud, le bateau du Suisse Dominique Wavre, peut envoyer jusqu'à 750 m2 aux allures portantes), déplaçant entre 8 et 11 tonnes, les Imoca 60 peuvent atteindre voire dépasser les 30 noeuds (55 km/heure), des vitesses dont seuls étaient capables des multicoques il y a quelques années.

Pour ce tour du monde de 24.000 milles (environ 44.450 km), que les meilleurs boucleront en moins de trois mois, les skippers du "Vendée" embarqueront 10 voiles.

Les conditions de vie à bord de ces "machines de guerre", entièrement conçues pour la course océanique, sont incroyablement spartiates.

Dans ces tubes de carbone sombres et humides, l'espace de vie est réduit à sa plus simple expression, la priorité étant donnée à l'électronique (systèmes de navigation et de communication de plus en plus sophistiqués) et à une "plomberie" particulièrement complexe comme celles permettant de basculer la quille au vent ou de remplir d'eau de mer des ballasts destinés à modifier l'assiette du bateau.

Pour dormir (environ 5 heures par jour, en fractionné), les skippers ont le choix entre des poufs de microbilles épousant la forme du corps et des sièges inclinables, plus ou moins confortables.

Un petit réchaud à cardan permet de réchauffer des plats lyophilisés ou de se faire un café.

La soute avant est entièrement consacrée aux voiles, "matossées" (déplacées) d'un bord à l'autre pour compenser la gîte du bateau. Un exercice éreintant qui prend une trentaine de minutes à chaque virement de bord.

L'énergie est fournie par des panneaux solaires, des éoliennes et/ou des hydrogénérateurs, hélices immergées à l'arrière. Les bateaux sont tous équipés de moteurs qui peuvent aussi tourner, mais les arbres d'hélice sont plombés et vérifiés à l'arrivée.

Les bateaux de la plupart des favoris de 7e Vendée Globe ont été dessinés par des architectes navals français, Guillaume Verdier et le cabinet VPLP: Vincent Riou (PRB), Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3), François Gabart (Macif), Marc Guillemot (Safran).

Les autres architectes navals représentés dans ce 7e Vendée Globe sont Bruce Farr (NZL-USA/5), Owen Clarke (GBR/3), Finot-Conq (FRA/3), Marc Lombard (FRA/2) et Juan Kouyoumdjian (FRA-ARG/1).

Les bateaux sont de plus en plus rapides et, pourtant, de plus en plus sûrs. Grâce à leur quille basculante et à des superstructures plus volumineuses, ils peuvent par exemple se redresser tout seuls en cas de chavirage.

Reste qu'ils n'ont plus grand chose en commun avec les premiers voiliers à avoir tourné en solo autour du monde et sans escale.

Le Vendée Globe est né en 1989, mais la toute première course du genre a été, à la fin des années 60, le Golden Globe Challenge, organisé par les Britanniques.

L'épreuve avait été remportée par l'un des leurs, Robin Knox-Johnston, qui avait bouclé sa circumnavigation le 22 avril 1969 après 312 jours de mer sur son petit (32 pieds, une dizaine de mètres) ketch, Suhaili.

Quarante ans plus tard, le Français Michel Desjoyeaux remportait son deuxième Vendée Globe en un peu plus de 84 jours, sur un engin que même dans ses rêves les plus fous, Sir Robin n'aurait jamais pu imaginer...

heg/gv