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06/11/2012 10:09 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Riad Seif, un symbole du "printemps de Damas"

L'opposant Riad Seif, à l'origine d'une initiative d'unification de l'opposition syrienne, est un des symboles du "printemps de Damas" réprimé il y a plus de dix ans par le président Bachar al-Assad alors fraîchement arrivé au pouvoir.

Cet ancien député de 66 ans, qui souffre d'un cancer de la prostate, a été emprisonné huit ans par le régime de Damas.

Il a participé au début du soulèvement qui a commencé en mars 2011, se faisant arrêter et battre au cours de deux manifestations à Damas, avant de prendre en juin dernier le chemin de l'exil.

Riad Seif est à l'origine d'une initiative, soutenue par les Etats-Unis, qui doit être débattue jeudi à Doha par les différentes composantes de l'opposition syrienne en vue de l'unifier et de constituer un gouvernement en exil, mais il s'est défendu de vouloir présider un tel cabinet.

"J'ai 66 ans et je souffre de nombreux problèmes de santé. Je ne serai en aucun cas candidat pour diriger un gouvernement syrien en exil", a-t-il dit.

Le Conseil national syrien, la principale coalition de l'opposition, a critiqué cette initiative appuyée selon lui par les Etats-Unis et visant à le contourner.

Riad Seif est un "membre rebelle" du CNS, selon les termes de Burhan Ghalioun, ancien président de cette instance.

Mais M. Seif affirme avoir présenté cette initiative "car il est nécessaire de former une direction unifiée pour la révolution syrienne et d'instaurer un pouvoir dans les zones libérées".

Cet homme brun et trapu, opiniâtre, n'en est pas à sa première épreuve.

Né en 1946 dans une famille modeste de Damas, il a commence à travailler dès l'âge de 12 ans dans une fabrique de textile avant d'ouvrir à 16 ans son propre atelier qui devient en dix ans une usine prospère.

La réussite de ce self-made-man l'entraîne à se présenter en 1994 puis 1998 comme indépendant aux élections législatives, et il est l'un des rares députés à oser critiquer le régime et notamment sa politique économique.

Après la mort du président Hafez al-Assad en juin 2000, encouragé par les promesses d'ouverture de son fils Bachar qui lui succède, il entame ouvertement son action pour les libertés.

Il organise notamment à son domicile des débats pour la démocratie, tout en poursuivant parallèlement son action au Parlement, où il appelle en novembre à "mettre fin au monopole politique" du Baas, le parti au pouvoir.

En septembre 2001, il est arrêté avec neuf autres opposants. Leur arrestation sonne le glas du "printemps de Damas", période de relative libéralisation ayant suivi l'accession au pouvoir de Bachar Al-Assad.

Il est condamné à cinq ans de prison sous l'accusation d'avoir voulu "changer la Constitution d'une manière illégale".

M. Seif, qui s'était illustré dans la lutte contre la corruption, a affirmé à l'époque qu'il avait été arrêté et jugé pour avoir dénoncé au Parlement un contrat sur la téléphonie mobile derrière lequel se trouvait un cousin du président Assad.

Homme d'affaires prospère, ces attaques contre le régime lui ont également valu des pressions sur ses associés et des taxes, selon lui injustifiées, qui l'ont ruiné.

Il purge de nouveau une peine de deux ans et demi (janvier 2008-juillet 2010) pour avoir appelé à la démocratie dans son pays. Il fait partie des 12 opposants qui avaient signé la "Déclaration de Damas", appelant à un changement démocratique en Syrie.

Après le début de la révolte en mars 2011, il est arrêté en mai pour avoir participé à une manifestation interdite puis libéré une semaine plus tard en raison de son état de santé.

En octobre 2001, il est hospitalisé après avoir été battu par des agents de sécurité qui lui cassent le bras dans le quartier Midane à Damas.

bur-at/vl