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06/11/2012 11:04 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

ONU: Israël menace les Palestiniens de représailles, bâtit dans les colonies

Israël a publié mardi des appels d'offres pour la construction de 1.285 logements pour des colons juifs à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, une décision interprétée par les Palestiniens comme une sanction contre leur projet d'obtenir le statut d'Etat non membre à l'ONU.

Dans le même temps, la chaîne 10 de la télévision israélienne rapportait que le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avait prévenu le 24 octobre, lors d'une rencontre avec la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton, que si les Palestiniens "persistaient dans ce projet, (il) ferait en sorte que l'Autorité palestinienne s'effondre".

Interrogé par l'AFP sur ces propos, le porte-parole de M. Lieberman, Moshé Tzahi, s'est refusé à tout commentaire.

"Le peuple palestinien ne cèdera pas à de telles tactiques d'extorsion", a déclaré dans un communiqué Hanane Achraoui, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le porte-parole de son ministère, Ygal Palmor, a indiqué que M. Lieberman avait "convoqué les 27 ambassadeurs d'Israël en Europe pour une réunion d'urgence cette semaine à Vienne" afin de "contrer cette initiative".

Selon les médias israéliens, M. Lieberman a entamé des consultations avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour préparer des représailles au projet palestinien à l'ONU.

"La poursuite de la colonisation par le gouvernement d'occupation nous incite à réclamer tous nos droits en allant à l'ONU pour obtenir le statut d'Etat non membre", a déclaré à l'AFP le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina.

Il réagissait à la publication mardi, jour de l'élection présidentielle américaine, d'appels d'offres pour la construction de 1.213 logements, 607 dans le quartier de colonisation de Pisgat Zeev et 606 dans celui de Ramot, à Jérusalem-Est, occupé et annexé depuis 1967, outre 72 dans la colonie d'Ariel, en Cisjordanie.

"C'est tout ce que Netanyahu et Lieberman ont à offrir: la destruction de la solution à deux Etats et l'imposition d'un régime d'apartheid", a renchéri dans un communiqué le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh.

"Ils savent que, quelle que soit la condamnation internationale qu'ils puissent recevoir, il n'y aura pas d'action claire de la communauté internationale pour mettre fin à l'impunité d'Israël", a-t-il souligné.

"Nous appelons le monde à répondre à cette politique israélienne systématique par un vote écrasant en faveur du rehaussement du statut de la Palestine à celui d'Etat observateur à l'Assemblée générale des Nations unies ce mois-ci", a-t-il ajouté.

Selon Hanane Achraoui, "avec l'annonce d'aujourd'hui (sur la colonisation, NDLR), il est évident que de telles actions sont une réponse à notre décision d'aller aux Nations unies".

M. Abbas a officialisé le 27 septembre son projet de faire voter par l'Assemblée générale l'élévation de la Palestine au rang d'Etat non membre de l'ONU.

Pour le Premier ministre israélien, cette initiative "ne fera qu'éloigner la paix et apporter l'instabilité".

Les dirigeants palestiniens exigent pour reprendre les pourparlers de paix, interrompus depuis deux ans, qu'Israël cesse la colonisation des territoires occupés depuis et accepte les lignes antérieures à la guerre de 1967 comme base de discussions.

M. Netanyahu rejette ces revendications et dit vouloir des négociations "sans condition préalable", en leur fixant pour objectif la reconnaissance d'Israël comme "Etat du peuple juif" et le maintien sous son contrôle d'une partie du futur Etat palestinien, des exigences refusées par les Palestiniens.

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