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06/11/2012 06:07 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Le Vendée Globe ne connaît (quasiment) pas la crise

Le Vendée Globe, dont la septième édition s'élancera samedi des Sables d'Olonne, sur la côte française de l'Atlantique, est finalement peu affecté par la crise économique et financière qui a réduit les budgets de parrainage de nombreuses entreprises.

Certes, 20 bateaux prendront le départ, contre 30 en 2008. "C'est pile la moyenne de toutes les éditions, un très bon résultat en période de crise", affirme Luc Talbourdet, président de la classe IMOCA, rappelant que "la dernière édition était une anomalie statistique".

"Il y a un an, j'aurais signé des deux mains pour avoir un tel plateau. Chaque fois qu'il y a une crise, les budgets les plus touchés sont la communication et le sponsoring", déclare pour sa part Bruno Retailleau, sénateur, président du Conseil général de Vendée, et à ce titre de la société organisatrice de l'épreuve.

"La première tempête des skippers a été économique", souligne-t-il, rappelant qu'en novembre 2011 "seulement 14 skippers étaient certains d'être au départ: "on est passé près d'une catastrophe".

Yann Eliès a essuyé cette tempête et renoncé à s'aligner, faute de budget après le retrait de l'assureur italien Generali, son parraineur lors de la dernière édition qu'il n'avait pu terminer.

"La crise, qui a démarré juste avant le départ, en 2008, a joué un grand rôle. On savait qu'il se passerait quelque chose, on n'y a pas pensé pendant la course, mais quand je suis rentré, mes sponsors m'ont dit qu'ils arrêtaient. La perte du bateau a aussi joué, car il fallait en reconstruire un, et mon sponsor ne voulait pas s'engager sur trois ans", explique le skipper.

D'autres navigateurs ont eu beaucoup de mal à boucler leur budget, qui oscille en moyenne entre un et deux millions d'euros par an.

Le Parisien Louis Burton (Bureau Vallée) a ainsi eu "beaucoup de mal à trouver des co-parraineurs" pour réunir un million d'euros: "on a bien vu, au fur et à mesure des réponses des +boîtes+, que tout le monde faisait super attention, en raison du manque de visibilité à moyen terme".

Même des skippers reconnus comme Jérémie Beyou (Maître CoQ), Jean Le Cam (SynerCiel), pour qui "cela a été le parcours du combattant" et qui a trouvé son dernier parraineur il y a seulement trois semaines, ou Bertrand De Broc (Votre nom autour du monde avec EDM Projets), ont eu du mal à réunir des fonds.

"En période de crise, il y a toujours une problématique de légitimité: on peut difficilement licencier, ou réduire son budget, et conserver des accords de parrainage qui ne sont pas perçus comme essentiels, alors qu'ils ne sont pas forcément contre-productifs pour l'entreprise, au contraire", analyse Frédéric Bolotny, consultant en marketing sportif.

Le Vendée Globe, néanmoins, est moins touché que d'autres courses, qui ont dû réduire la voilure en 2012, comme le Tour de l'Europe ou la Solitaire du Figaro.

"C'est un événement installé, organisé par un partenaire institutionnel qui protège d'une décision de retrait: le Conseil général ne peut se retirer de la course vu ce qu'elle représente pour le département, cela rassure les parraineurs", ajoute M. Bolotny.

"C'est plus qu'une course, un mythe, ce qui fait que pour les sponsors le levier est de 1 à 20 voire 1 à 30", renchérit M. Retailleau.

"Le Vendée Globe est médiatiquement reconnu, véhicule une bonne image et a un capital sympathie. On n'aurait pas investi sur un 60 pieds pour une Transat Jacques Vabre par exemple", reconnaît Aurélie Bourven, chef du projet sponsoring chez Savéol, qui parraine la Britannique Samantha Davies.

Le Vendée Globe est finalement comme les bateaux qui en prendront le départ: c'est en pleine tempête qu'on voit sa solidité.

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