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06/11/2012 06:41 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Le CNS reproche à la communauté internationale son inaction

Le Conseil national syrien (CNS) a reproché mardi à la communauté internationale son inaction face aux massacres et s'est dit ouvert à une initiative appuyée par les Etats-Unis pour remodeler l'opposition, à condition d'en être la principale constituante.

"Le peuple syrien saigne et attend de la communauté internationale qu'elle agisse", a déclaré le chef du CNS, Abdel Basset Seyda, dans un discours devant 400 délégués composant le nouveau secrétariat général de cette instance, élargi lundi pour être plus représentatif.

Dénonçant "le massacre des Syriens et la destruction systématique des nos villes et de nos villages", il a affirmé que les Syriens "ont le sentiment d'avoir été laissés seuls face à leur destin et que le monde entier s'est entendu pour ne rien faire".

Ce discours intervient au moment où le CNS, jusque-là considéré comme la principale coalition de l'opposition visant à renverser le régime du président Bachar Al-Assad, est la cible de virulentes critiques de l'administration américaine.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton l'a publiquement désavoué la semaine dernière, estimant qu'il ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et a plaidé pour une nouvelle opposition "plus large", incluant des "Syriens de l'intérieur".

Le CNS, réuni depuis dimanche à Doha pour se restructurer, a accueilli 200 nouveaux membres dans son secrétariat général.

Désormais, les représentants des militants de l'intérieur composent 33% du secrétariat et formeront le tiers de la direction du CNS qui doit être élue mercredi, alors que les minorités religieuses et ethniques du pays sont représentées à hauteur de 25%.

Commentant lundi cet élargissement, la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a jugé que "l'augmentation du nombre (de membres) n'élargira pas nécessairement la représentativité".

Les assises du CNS se tiennent avant une réunion d'opposants jeudi à Doha qui doivent notamment débattre de l'initiative d'un de leurs vétérans, Riad Seif --appuyée par les Etats-Unis-- visant à unifier l'opposition syrienne et sur laquelle le CNS est réservé.

M. Seyda a annoncé que le CNS avait décidé de participer à cette rencontre convoquée par la Ligue arabe et le Qatar.

"Nous nous rendons à cette rencontre le coeur et l'esprit ouverts, mais nous tenons à souligner dès le début la nécessité de préserver le CNS, qui constitue le principal pilier de l'opposition syrienne", a-t-il averti.

"Nous estimons que toute opération visant le CNS mènera, sciemment ou non, à prolonger la crise", a encore souligné le chef de la coalition.

M. Seif propose la création d'une nouvelle instance rassemblant les différentes composantes de l'opposition, baptisée "Comité de l'initiative nationale syrienne".

Son plan vise à "soutenir l'Armée syrienne libre (ASL), administrer les zones libérées, créer un fonds de soutien du peuple syrien, et garantir une reconnaissance internationale" selon son texte.

"Si une initiative est imposée au CNS, elle échouera", a néanmoins averti, dans une déclaration à l'AFP, l'ancien chef du CNS, Burhan Ghalioun.

Il a expliqué que son organisation avait décidé de participer à la réunion de jeudi, à laquelle des personnalités étrangères ont été conviées, "pour transformer cette réunion visant à liquider le CNS en une conférence visant à poursuivre l'action qu'il a commencée".

Interrogé sur les critiques américaines, il a estimé que le CNS "a été choisi comme bouc émissaire pour couvrir l'échec et l'impuissance de l'administration (de Barack) Obama" sur le dossier syrien, à la veille des élections américaines.

Plus véhément, Radwan Ziadeh, directeur du bureau des relations internationales au CNS, affirme que l'initiative de Riad Seif est "mort-née: elle est soutenue sur le plan international, mais ne jouit pas d'appui à l'intérieur" de la Syrie de la part des meneurs du soulèvement.

Toutes les initiatives pour un règlement de la crise ont échoué en Syrie, où les violences ont fait, selon une ONG syrienne, plus de 36.000 morts depuis mars 2011.

at/cnp