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06/11/2012 05:02 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Le chef du CNS reproche à la communauté internationale son inaction

Le chef du Conseil national syrien (CNS) Abdel Basset Seyda a reproché mardi à la communauté internationale son inaction face au massacre de son peuple et s'est dit disposé à examiner une initiative visant à réunifier l'opposition syrienne.

"Le peuple syrien saigne et attend de la communauté internationale qu'elle agisse", a affirmé M. Seyda dans un discours devant les instances de cette principale coalition de l'opposition réunie à Doha.

Dénonçant "le massacre des Syriens et la destruction systématique de nos villes et de nos villages", il a affirmé que les Syriens "ont le sentiment d'avoir été laissés seuls face à leur destin et que le monde entier s'est entendu pour ne rien faire".

"Qu'attend la communauté internationale? Est-ce que l'objectif est de morceler la Syrie?", s'est encore demandé M. Seyda.

Il a averti que "si les massacres sauvages du régime se poursuivent, et que le communauté internationale persiste dans son attitude négative et incompréhensible", cela ne pouvait qu'encourager "les courants extrémistes".

Le discours de M. Seyda intervient alors le CNS, jusque-là considéré comme la principale coalition de l'opposition visant à renverser le régime du président Bachar Al-Assad, est la cible de virulentes critiques de l'administration américaine.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton l'a publiquement désavoué la semaine dernière, estimant qu'il ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et a plaidé pour une nouvelle opposition "plus large", incluant des "Syriens de l'intérieur".

Le CNS a entamé dimanche à Doha une réunion visant à sa restructuration, et s'est élargi lundi à de nouveaux groupes de l'opposition.

Le secrétariat général compte désormais 400 membres, dont 200 qui se sont joints lundi à cette instance.

Selon le CNS, 33% des membres représentent les militants de l'intérieur, alors que les minorités sont représentées à hauteur de 25%.

Commentant lundi la décision du CNS de s'élargir, la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a jugé que "l'augmentation du nombre (de membres) n'élargira pas nécessairement la représentativité".

Les assises du CNS se tiennent avant une réunion jeudi à Doha qui doit notamment débattre de l'initiative de l'opposant Riad Seif --appuyé par les Etats-Unis-- pour unifier l'opposition syrienne et sur laquelle le CNS est réservé.

"Le secrétariat général du CNS a décidé de participer à la rencontre consultative du 8 novembre (...) sous le parrainage de la Ligue arabe et du Qatar", a déclaré dans ce cadre M. Seyda.

"Nous nous rendons à cette rencontre le coeur et l'esprit ouverts, mais nous tenons à souligner dès le début la nécessité de préserver le CNS qui constitue le principal pilier de l'opposition syrienne", a-t-il encore dit.

"Nous estimons que toute opération visant le CNS mènera, sciemment ou non, à prolonger la crise", a encore averti le chef du CNS.

at/sw