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06/11/2012 08:16 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

La Russie dit que les rebelles syriens ont 50 missiles Stinger

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé mardi à Amman que les rebelles syriens, confrontés à des attaques incessantes de l'aviation du régime de Bachar al-Assad, avaient en leur possession plus de 50 missiles Stinger.

Il a aussi déclaré, après avoir rencontré Riad Hijab, un ancien Premier ministre syrien ayant fait défection en août, que la Russie était prête à travailler avec les groupes de l'opposition pour mettre fin aux violences.

"La Russie sait que les rebelles syriens ont obtenu 50 missiles Stinger de l'extérieur pour frapper les avions de combat" du régime, a déclaré M. Lavrov à la presse, selon une traduction en arabe de ses propos tenus en russe.

"Ceux qui fournissent des armes à l'opposition livrent des systèmes dont l'objectif n'est pas défensif. Il y a des informations confirmées faisant état de la présence de plus de 50 Stinger sur le territoire syrien", a-t-il dit, selon des déclarations rapportées par l'agence russe Interfax.

Le 24 octobre, le chef d'état-major des forces armées russes, le général Nikolaï Makarov, avait déclaré que les rebelles utilisaient des lance-missiles de fabrication américaine Stinger pour combattre les forces de Bachar al-Assad, sans être en mesure d'indiquer comment ils les avaient obtenus.

Le département d'Etat américain avait alors répété ne pas fournir d'aide militaire à la rébellion.

Moscou, le principal fournisseur d'armes du régime, "a livré des armes à la Syrie, mais en vertu de précédents accords conclus" avec Damas, a encore dit M. Lavrov lors d'une conférence de presse.

A Amman, le chef de la diplomatie russe a aussi rencontré M. Hijab dans l'idée de "trouver un mécanisme pour arrêter la violence". "M. Hijab était prêt à nous écouter et nous travaillerons avec lui et d'autres partis syriens", a-t-il affirmé.

L'ancien Premier ministre syrien a souligné qu'une solution politique en Syrie était impossible sans un départ du président Assad, a déclaré à l'AFP son porte-parole, Mohammad Otri. "De même, tous ceux ayant commis des crimes contre les Syriens non armés doivent être jugés", a déclaré M. Hijab, selon M. Otri.

"La Russie doit changer sa position et réaliser que les Syriens ont le droit de vivre décemment dans un Etat démocratique. M. Hijab a rejeté une invitation à se rendre à Moscou. Il n'ira pas en Russie à moins qu'elle ne cesse de soutenir le régime criminel d'Assad", a ajouté M. Otri.

M. Lavrov a indiqué que Moscou souhaitait un retour des observateurs en Syrie, en soulignant la nécessité d'un dialogue entre les belligérants et en réitérant son opposition aux appels lancés par plusieurs pays, dont les Etats-Unis, au départ de M. Assad.

"Le dialogue avec la Russie est important pour trouver une solution à la crise en Syrie", a assuré le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Jawdeh.

M. Lavrov, en visite pour deux jours en Jordanie, devait ensuite rencontrer séparément le roi Abdallah II et le président palestinien Mahmoud Abbas.

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