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06/11/2012 06:00 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

A Chicago, fief du président sortant, on vote Obama

A Chicago, fief du président américain, Tim Glisson a voté mardi pour Barack Obama parce qu'il a "un cerveau, un coeur et une âme", quand les nerfs de milliers d'Américains étaient parfois mis à l'épreuve par les files d'attente ou des ratés d'organisation.

"Vous plaisantez ? Obama !", rétorque ce retraité de 57 ans interrogé à la sortie d'un bureau de vote de Chicago (Illinois, nord) sur son choix présidentiel. "J'ai un cerveau, un coeur et une âme", ajoute-t-il.

La petite pluie fine qui tombait mardi après-midi sur la ville n'a pas non plus douché l'enthousiasme de Samuel Twumasi, 60 ans, chauffeur de taxi et bénévole de la campagne démocrate. "J'ai voté pour mon candidat, Obama. Sûr, il va gagner", ajoute cet ancien réfugié du Ghana.

Sandra Rendrich, 64 ans, retraitée, n'a "primo, jamais de (sa) vie voté républicain. Secundo, aucun président ne peut faire ce qu'il a à faire en seulement quatre ans", dit-elle sans faire mystère de son choix: "Obama".

Mais tous les électeurs de la ville désirant le faire n'avaient pas pu voter dans l'après-midi, à cause du mauvais fonctionnement du site internet du bureau des élections, rapportait le Chicago Tribune.

En raison d'un redécoupage électoral, 20% des électeurs du comté de Cook devaient changer de bureau de vote. En cherchant leur nouvelle affectation, certains ont été mal aiguillés par le site, victime d'un dysfonctionnement. A 14H24, 864 cas d'électeurs se présentant au mauvais bureau avaient été repertoriés, selon le journal.

Une enquête est en cours, a indiqué un porte-parole, Langdon Neal, qui a évoqué une possible "attaque malveillante".

Sur les 200 millions d'Américains appelés aux urnes, beaucoup ont du prendre leur mal en patience, en raison des files d'attente.

Dans l'un des bureaux du comté de Fairfax en Virginie (est), il fallait patienter trois heures pour voter. Deux heures dans celui logé par le tribunal d'Arlington, également en Virginie.

"Vous pensez avoir à attendre ?", ironisait le Washington Post sur son site internet, publiant les photos de foules d'électeurs résignés à patienter pour des scrutins en Egypte, en Iran, au Nigeria ou au Venezuela.

Ce qui n'empêchait pas de râler les électeurs d'Hoboken, dans le New Jersey (est), durement frappé par l'ouragan Sandy il y a une semaine. Des bureaux de vote ont dû être improvisés, et ouvraient en retard.

Devant la foule impatiente, un bénévole présentait ses excuses : "Excusez-nous pour l'état des locaux, mais il y a deux jours, ils étaient sous 60 centimètres d'eau !".

Les autorités du New Jersey ont depuis rallongé le délai du vote par correspondance des personnes déplacées à cause de l'ouragan.

Dans le quartier de Little Havana de Miami (Floride, sud), Mary Ann Weber, 20 ans, étudiante en architecture, était si "contente" d'enfin voter qu'elle est venue à 3H00 du matin "pour être la première".

Dans les rues de Van Nuys, une commune au nord de Hollywood (Californie, ouest), les électeurs ont eu l'aubade matinale d'un orchestre de mariachis, les "Coqs de Jalisco" qui voulaient "réveiller les Latinos".

"Nous sommes la minorité majoritaire. Faisons entendre notre voix", a expliqué l'organisatrice Ana Frausto. Elizabeth Perez, 37 ans, secrétaire, d'origine mexicaine, va voter Obama, qui "a beaucoup à offrir aux Latinos".

Près de Chicago, à Dolton, Galicia Malone, 21 ans, est devenue une des vedettes du scrutin. Rien n'a pu empêcher la jeune femme, enceinte, de déposer son bulletin, même pas la naissance imminente de son premier bébé.

La jeune femme a ressenti ses premières contractions dans la nuit, qui se sont accélérées au petit matin, puis elle a perdu les eaux. "Je n'ai jamais voté de ma vie. Je voulais que ma fille en soit inspirée", a rapporté la jeune femme à la station de radio WBBM. En entrant dans le bureau de vote, "j'ai seulement pensé +lis (le bulletin) et respire, lis le bulletin et respire...+".

bur-ff/are