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05/11/2012 04:28 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Nucléaire: l'AIEA pointe le manque de coopération en Iran et Corée du Nord

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a vivement critiqué lundi le manque de coopération de l'Iran et de la Corée du Nord en matière nucléaire, s'attirant les foudres de leurs représentants à l'ONU.

Dans un rapport présenté à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Amano a aussi appelé la Syrie à ouvrir aux inspecteurs de l'agence son site de Dair Alzour, que l'AIEA souçonne d'abriter un réacteur nucléaire non déclaré.

Les réprésentants iranien et nord-coréen à l'ONU ont rejeté ces critiques et ont accusé, en termes virulents, l'AIEA de partialité.

M. Amano a déploré que les discussions avec Téhéran n'aient abouti à "aucun résultat concret". "L'Iran ne fournit pas la coopération nécessaire", donc l'AIEA "ne peut pas conclure que tout le matériel nucléaire en Iran est utilisé dans des activités pacifiques", a-t-il expliqué.

Américains et Européens, qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, ont alourdi récemment leurs sanctions économiques et Israël brandit la menace de frappes militaires sur les installations nucléaires iraniennes.

M. Amano a rappelé que l'agence avait publié en novembre 2011 un rapport très sévère sur l'Iran, à qui elle avait "demandé des clarifications". "Le dialogue s'est intensifié entre l'AIEA et l'Iran cette année, mais il n'a abouti à aucun résultat concret pour l'instant", a-t-il regretté.

Dans son rapport, l'AIEA présentait comme crédibles des éléments selon lesquels Téhéran a travaillé à mettre au point une arme atomique avant 2003, et sans doute après également. L'Iran a rejeté ce rapport.

"J'espère que nous pourrons parvenir à un accord sans délai supplémentaire", a conclu M. Amano.

"Informations falsifiées"

L'agence réclame en vain depuis des mois de pouvoir visiter le site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne la présence d'un container ayant servi à la simulation d'explosions applicables au nucléaire.

L'ambassadeur iranien à l'ONU, Mohammed Khazaee, a réaffirmé que "les activités nucléaires de l'Iran ont, et ont toujours eu, des objectifs exclusivement pacifiques".

L'AIEA, selon lui, s'appuie sur des "informations falsifiées" fournies pour la plupart par les Etats-Unis et Israël.

"De telles informations sont aussi peu crédibles que le dessin d'enfant" que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait brandi fin septembre à la tribune de l'Assemblée, a-t-il ajouté.

M. Netanyahu avait montré sur une bombe grossièrement dessinée une "ligne rouge" que Téhéran ne devrait pas être autorisé à franchir, selon lui, dans sa course à l'atome.

M. Amano s'est aussi déclaré "très inquiet du programme nucléaire de la Corée du Nord", qui a déjà mené deux tests atomiques. Il a rappelé que l'AIEA n'avait pas pu se rendre sur place depuis 2009 et invité Pyongyang à "coopérer rapidement et pleinement" avec elle.

Le représentant permanent adjoint nord-coréen Ri Tong-Il a accusé l'AIEA d'avoir pris partie "aveuglément" avec les Etats-Unis contre Pyongyang.

Il a rendu Washington responsable de l'impasse des négociations à six (Chine, Russie, Corée du sud, Corée du nord, Japon, Etats-Unis) sur le programme nucléaire nord-coréen, interrompues depuis décembre 2008.

"Les Etats-Unis n'ont pas hésité à provoquer l'escalade, à intensifier leurs menaces et leur chantage", a-t-il affirmé, estimant que ces négociations "étaient presque mortes".

M. Amano a aussi demandé à la Syrie de "poursuivre les discussions" à propos de Dair Alzour (Al Kibar), qui abrite "très probablement" des installations nucléaires clandestines construites avec l'aide de la Corée du Nord.

Depuis une visite en juin 2008, la Syrie refuse à l'AIEA l'accès au site, bombardé en 2007 par l'aviation israélienne alors qu'il était en construction.

avz/are