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05/11/2012 12:58 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Meurtre du numéro 2 de l'OLP: un parti tunisien poursuit des Israéliens

Un petit parti politique tunisien, Wafa, a annoncé lundi avoir porté plainte contre des agents israéliens pour l'assassinat en 1988 à Tunis d'Abou Jihad, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qualifiant ce meurtre de "crime de guerre".

Le ministère tunisien des Affaires étrangères, contacté par l'AFP n'a pas souhaité réagir sur cette affaire.

"Nous avons déposé plainte contre quatre ou cinq agents de l'Etat israélien", a indiqué à l'AFP Abdelmajid Abdelli, un des dirigeants de Wafa et professeur de droit international, sans préciser les noms des personnes visées.

Il a estimé que l'assassinat d'Abou Jihad était "un crime de guerre imprescriptible".

M. Abdelli a indiqué aussi que les poursuites pourront concerner tout autre responsable israélien ou tunisien de l'époque qui s'avère avoir été complice de l'opération israélienne.

Le chef du Wafa, Abderraouf Ayadi a indiqué lors d'une conférence de presse que le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali pourrait être concerné.

Il a dénoncé la "complicité de Ben Ali, une complicité contre la sécurité de la Tunisie et contre ceux qui bénéficiaient de l'hospitalité de la Tunisie".

Abdelmajid Abdelli s'est par ailleurs étonné du silence des autorités tunisiennes qui n'ont pas commenté ou lancé de procédure judiciaire dans cette affaire.

"En principe, c'est leur rôle d'aller en justice", a-t-il estimé.

Un porte-parole du ministère tunisien des Affaires étrangères a indiqué à l'AFP que la Tunisie n'avait pas de réaction officielle après la reconnaissance par Israël de l'assassinat d'Abou Jihad dans la mesure où il s'agissait "d'informations de presse".

Le journal israélien Yediot Aharonot a publié la semaine dernière un article dans lequel le commandant de l'opération, Nahoum Lev, décédé depuis, raconte comment un commando de 26 membres s'est rendu à Tunis en avril 1988 pour tuer Abou Jihad, de son vrai nom Khalil al-Wazir.

Il s'agit de la première reconnaissance par Israël de cet assassinat. La publication de l'article a été autorisée après six mois de négociations avec la censure militaire israélienne.

L'opération visait à décapiter la première Intifada palestinienne, qui avait éclaté en décembre 1987. Mais malgré la mort d'Abou Jihad, l'Intifada s'est poursuivie jusqu'aux accords d'Oslo de 1993, qui ont ouvert la voie à la création en 1994 de l'Autorité palestinienne, présidée par Yasser Arafat.

Obligé de quitter le Liban en 1982 (bien 1982), le quartier général de l'OLP a été accueilli par la Tunisie jusqu'en 1994.

Wafa est un petit parti politique issu d'une scission avec le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki.

Ce parti nationaliste arabe milite, tout comme les islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement tunisien, pour inscrire dans la future Constitution tunisienne la "criminalisation de la normalisation des relations" avec Israël.

alf/feb