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05/11/2012 06:28 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Le CNS poursuit ses réunions, éclipsées par l'initiative de Riad Seif

Le Conseil national syrien (CNS) poursuivait lundi à Doha ses assises visant à élargir sa base, éclipsées par les préparatifs pour une importante réunion des principales composantes de l'opposition syrienne jeudi sur la base d'une initiative de l'ancien député Riad Seif.

Le CNS, jusqu'à présent considéré comme la principale coalition de l'opposition visant à renverser le régime du président Bachar Al-Assad, avait entamé dimanche cette réunion visant à élargir sa représentativité remise en question par les Etats-Unis.

Les participants "ont approuvé le projet de restructuration et de réduction des membres du secrétariat général, afin de pouvoir accueillir 200 nouveaux membres représentant 13 groupes politiques et des indépendants", a déclaré à l'AFP lundi Ahmad Kamel, responsable de presse du CNS.

Selon lui, le secrétariat général a été réduit à 220 membres, contre 313 par le passé, afin d'accueillir les 200 nouveaux membres et le nouveau secrétariat général se réunira mardi.

Cette instance devra débattre mardi de l'initiative de l'opposant respecté Riad Seif, qui semble jouir de l'appui des Etats-Unis, pour unifier l'opposition syrienne, et sur laquelle plusieurs membres du CNS ont exprimé des réserves.

La proposition de M. Seif, qui vise à constituer une nouvelle direction politique pour l'opposition, devrait être à l'ordre du jour d'une réunion convoquée jeudi par la Ligue arabe et le Qatar à Doha, dans la foulée des réunions du CNS.

M. Seif propose la création d'une nouvelle instance rassemblant les différentes composantes de l'opposition sous l'intitulé du "Comité de l'initiative nationale syrienne", afin "d'éviter un vide politique au moment de la chute du régime d'Assad" selon le texte de son initiative.

Son plan vise notamment à "soutenir l'Armée syrienne libre, administrer les zones libérées, créer un fonds de soutien du peuple syrien, et garantir une reconnaissance internationale".

Il préconise, après des concertations avec les représentants de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) et des comités dirigeant le soulèvement sur le terrain, la création d'une instance politique, d'un conseil militaire suprême, et d'un gouvernement intérimaire formé de technocrates.

Mais M. Seif, un ancien député, a démenti dimanche les informations de presse selon lesquelles il dirigerait ce gouvernement de transition.

Lors de la réunion de jeudi, "nous constituerons une direction politique qui formera au plus vite un gouvernement de technocrates", a assuré dimanche M. Seif précisant que son initiative ne constituait "pas un substitut au CNS, qui doit en être une importante composante".

Cette initiative intervient alors que le CNS, longtemps considéré comme un "interlocuteur légitime" de la communauté internationale, semble être tombé en disgrâce aux yeux de Washington.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a publiquement désavoué mercredi le CNS, estimant qu'il ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et a plaidé pour une nouvelle opposition "plus large", incluant des "Syriens de l'intérieur".

Le CNS a violemment réagi en accusant les Etats-Unis de vouloir le remodeler pour l'amener à négocier avec le régime.

Toutes les initiatives pour un règlement ont échoué jusqu'à présent en Syrie, où les violences liés à la révolte populaire transformée en conflit armé ont fait, selon une ONG syrienne, plus de 36.000 morts depuis mars 2011.

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