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05/11/2012 11:38 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Le chef de l'AIEA critique le manque de coopération de l'Iran

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a critiqué lundi le manque de coopération de l'Iran sur son programme nucléaire controversé, soulignant que ce dossier n'avait connu "aucun résultat concret".

"L'Iran ne fournit pas la coopération nécessaire", et donc l'AIEA "ne peut pas conclure que tout le matériel nucléaire en Iran est utilisé dans des activités pacifiques", a déclaré M. Amano dans un rapport transmis à l'Assemblée générale de l'ONU.

M. Amano n'a pas été en mesure de s'adresser lui-même à l'Assemblée en raion des conséquences de l'ouragan Sandy, mais le texte de son intervention a été distribué.

Il a rappelé que l'agence avait publié en novembre 2011 un rapport très sévère sur l'Iran et avait "demandé des clarifications" à Téhéran. "Le dialogue s'est intensifié entre l'AIEA et l'Iran cette année, mais il n'a abouti à aucun résultat concret pour l'instant", a-t-il constaté.

Le rapport de novembre 2011 contenait des éléments présentés comme crédibles indiquant que Téhéran a travaillé à la mise au point de l'arme atomique avant 2003, et sans doute ensuite. L'Iran a rejeté ce rapport.

L'AIEA "a la ferme intention de continuer à intensifier son dialogue avec l'Iran et de poursuivre des négociations de manière structurée", a conclut M. Amano. "J'espère que nous pourrons parvenir à un accord sans délai supplémentaire", a-t-il ajouté.

L'AIEA réclame depuis des mois l'accès au site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne la présence d'un container ayant servi à la simulation d'explosions applicables au nucléaire.

L'ambassadeur iranien à l'ONU, Mohammed Khazaee, a réaffirmé que "les activités nucléaires de l'Iran ont, et ont toujours eu, des objectifs exclusivement pacifiques" et que Téhéran ne fait "qu'exercer son droit inaliénable à l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire".

M. Khazaee a estimé que les informations contraires évoquées par l'AIEA étaient "aussi peu crédibles que le dessin enfantin" que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a brandi fin septembre à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU pour démontrer l'imminence d'une menace nucléaire iranienne.

M. Amano s'est aussi déclaré "très inquiet à propos du programme nucléaire de la Corée du Nord", rappelant que l'AIEA n'avait pas été en mesure de procéder à des inspections sur place depuis 2009.

Il a demandé à nouveau à la Syrie de "poursuivre les discussions avec l'agence pour traiter toutes les question en suspens à propos de Dair Alzour et d'autres sites".

L'agence estime que le site de Dair Alzour (Al Kibar) abrite "très probablement" un réacteur nucléaire non déclaré. La Syrie a refusé l'accès du site aux inspecteurs de l'agence après une unique visite en juin 2008.

avz/are