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05/11/2012 01:37 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

L'autorité libyenne d'investissements: héritage du régime de Kadhafi

L'autorité libyenne d'investissements (LIA) est un fonds souverain étatique basé à Tripoli. Voici quelques éléments et chiffres sur cette institution clé du régime de Mouammar Kadhafi, dont le fonctionnement reste aujourd'hui opaque:

ORIGINE: Le fonds souverain a été créé en 2006 par le régime de Mouammar Kadhafi pour investir les importantes réserves en devises étrangères de la Libye, tirées de ses revenus pétroliers. L'objectif est de diversifier les sources de revenus du pays.

PERFORMANCES: En 2010, la LIA était le plus important fonds souverain au monde, avec des avoirs s'élevant à 64 milliards de dollars, selon son portefeuille de placements de septembre 2010, révélé par Global Witness, une organisation de défense des droits de l'Homme.

REVENUS: Le fonds est alimenté par une partie des revenus pétroliers de la Libye et des profits d'entreprises telles que Libyan Arab Foreign Investment Company, Libyan African Investment Portfolio et Oil Invest company. Oil Invest company, qui détient pour près de 940 millions de dollars d'actifs, contrôle des raffineries et quelque 3.000 stations-services en Europe, selon le Sovereign Wealth Fund Institute.

SANCTIONS (2011): Les avoirs de la LIA, comme ceux d'autres entités publiques et du clan Kadhafi, sont gelés, la communauté internationale estimant qu'ils pourraient servir au financement de la répression de la révolte populaire de 2011 qui a mené à la chute de M. Kadhafi.

RAPATRIER LES AVOIRS A L'ETRANGER (2012): La LIA cherche encore, avec la banque centrale libyenne, à récupérer les avoirs gelés durant la révolte. Elle enquêterait aussi sur d'anciennes pertes financières, notamment 1,95 milliard de dollars liés à des investissements effectués avec Goldman Sachs et la Société Générale en 2007 et en 2008, dans l'espoir d'obtenir des compensations. Les avoirs de la LIA à l'étranger comprennent des parts dans la banque italienne UniCredit, le club de football Juventus, le fabricant de voiture Fiat, le géant de l'énergie ENI, ainsi que dans Pearson, le propriétaire du Financial Times.

POTENTIEL: Le fonctionnement interne de la LIA reste entouré de mystère, mais certains experts estiment que ses investissements futurs se concentreront sur la reconstruction nationale plutôt que sur des investissements risqués à l'étranger. Avec une production pétrolière ayant retrouvé quasiment son niveau d'avant-révolte, la LIA pourrait effectuer un puissant retour en force.

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