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05/11/2012 07:09 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

C1 - Arsenal et Wenger sous le feu des critiques

Arsenal se déplace à Schalke mardi pour un match de Ligue des champions potentiellement crucial, alors que la stratégie à long terme du club et de son manager Arsène Wenger est de plus en plus ouvertement critiquée, même par les supporteurs les plus inconditionnels.

Battus 2 à 1 à Manchester United ce week-end, dans un match dominé bien plus nettement par les "Red Devils" que ne l'indique le score, les Londoniens, sixièmes à neuf points de la tête, sont déjà pratiquement écartés de la course au titre et c'est maintenant leur capacité à se hisser dans les quatre premiers qui est désormais mise en doute.

En Ligue des champions, l'avenir n'est pas assuré non plus après la défaite à l'Emirates Stadium face aux Allemands (2-0). En cas de nouvel échec dans la Ruhr, les "Gunners" s'exposeraient à un match-couperet au Pirée contre l'Olympiakos, où ils avaient perdu l'an passé.

L'ancien capitaine Tony Adams a donné dimanche à la BBC une explication toute simple, et largement partagée, à ce marasme. "Il faut garder les meilleurs joueurs et ces dernières années nous les avons laissé partir un peu trop facilement", a dit l'ancien défenseur à propos des départs de Fabregas, Nasri et Clichy en 2011 puis de Van Persie et Song cet été.

Les mêmes récriminations ont dominé l'assemblée générale du club, le mois dernier. Des supporteurs ont accusé les dirigeants de privilégier la recherche des profits plutôt que celle des trophées, alors que le club n'a rien gagné depuis sept ans et sa dernière Coupe d'Angleterre. "Chassons la cupidité du football", disait une banderole brandie à proximité de l'Emirates Stadium.

Partisans d'une gestion saine, les dirigeants d'Arsenal ont beau jeu de rappeler qu'ils ne peuvent pas se permettre de dépenser un milliard de livres dans le club, comme l'ont fait Roman Abramovich à Chelsea ou le cheikh Mansour à Manchester City, mais certains chiffres ont tout de même retenu l'attention des supporteurs.

Ainsi, depuis cinq ans, Arsenal est le club anglais qui a dégagé le plus gros bénéfice sur le marché des transferts, où ses dépenses ont été inférieures de 45 millions de livres à ses rentrées selon la presse anglaise. Une partie du retard sportif s'expliquerait donc par la réticence, maintes fois soulignée, des "Gunners" à délier les cordons de leur bourse. Autrement dit leur tendance à confondre saine gestion et manque d'ambition.

L'homme d'affaires américain Stan Kroenke, actionnaire majoritaire du club dans lequel il a commencé à investir en 2007, a dû se fendre d'un communiqué pour assurer que "nul n'était plus ambitieux que lui" et que l'objectif était de "gagner des titres".

Arsenal compte beaucoup sur les nouvelles règles du fair play financier prônées par l'UEFA de Michel Platini pour revenir dans le peloton de tête anglais et européen. "Le paysage du football est en train de se transformer en notre faveur", a assuré le directeur général Ivan Gazidis.

En attendant que ce changement se concrétise, les supporteurs risquent de trouver le temps long, d'autant que Wenger semble avoir perdu en partie le flair qui lui permettait naguère de détecter précocement les talents et de les acquérir à bon prix.

Les Arshavin, Bendtner ou Chamakh ont beaucoup déçu ces dernières années et Podolski et Giroud ont beaucoup de travail à faire pour ne pas prendre le même chemin.

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