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04/11/2012 06:52 EST | Actualisé 04/01/2013 05:12 EST

Sandy : pénurie et mauvais temps éprouvent la patience des sinistrés

Les sinistrés de la côte est américaine doivent s'armer de patience alors que la pénurie d'essence perdure et que la mauvaise température pourrait retarder pour plusieurs le retour de l'électricité.

Si le courant est presque entièrement revenu sur l'île de Manhattan, la situation est toute autre au New Jersey, où une personne sur trois est toujours privée d'électricité.

Des refuges ont été mis sur pied pour permettre aux Américains qui n'ont pas de courant de se réchauffer, alors que les météorologues annoncent des températures qui doivent frôler le point de congélation au cours des prochains jours. Des pluies glaciales et des vents violents sont anticipés pour mercredi, une semaine jour pour jour après le passage de Sandy.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a déclaré dimanche que des dizaines de milliers de New-Yorkais frappés par l'ouragan Sandy vont devoir être relogés.

Lors d'une conférence de presse, il a insisté sur le froid qui gagne, rendant les maisons sans électricité « inhabitables ». Le maire de New York Michael Bloomberg a estimé que le besoin pour sa seule ville était de « 30 à 40 000 personnes ».

La pénurie d'essence se fait par ailleurs toujours sentir dans la région. Environ 38 % des stations-service de New York n'ont plus de carburant. Des points de distribution d'essence gratuite ont été instaurés dans la ville. Les gens ont droit à 38 litres d'essence par personne. Mais dans le Bronx, à l'un de ces points, des centaines de personnes ont attendu pendant plus de cinq heures le camion-citerne promis samedi sans que celui-ci arrive.

Et la pénurie est encore plus importante au New Jersey, où 80 % des stations sont fermées. Le gouverneur de l'État, Chris Christie, a imposé un rationnement basé sur les numéros des plaques d'immatriculation. Les détenteurs de plaques aux numéros impairs peuvent s'approvisionner les jours impairs, et ceux qui ont des numéros pairs doivent attendre les jours pairs.

Une élection chaotique?

C'est dans ce contexte que plusieurs Américains s'apprêtent à voter à l'élection présidentielle. La journée électorale de mardi pourrait être chaotique, alors qu'un grand nombre de personnes ignorent toujours où et comment elles voteront.

Une quarantaine d'écoles qui devaient servir de bureaux de vote ne pourront pas ouvrir dans la région de New York, et des tentes seront installées en remplacement. Des camions militaires munis de l'inscription « Voter ici » serviront aussi de bureaux de vote de fortune.

Par ailleurs, en vertu d'une loi obscure de l'État de New York concernant les catastrophes naturelles, les autorités pourraient autoriser une deuxième journée de scrutin si la participation n'atteint pas 25 %.

De leur côté, les autorités du New Jersey ont décidé de traiter les électeurs déplacés après le passage de Sandy comme s'ils résidaient à l'étranger en leur permettant de se prononcer par fax ou par courriel.

Haïti appelle à l'aide

À Haïti, pays durement éprouvé par le passage de Sandy, le premier ministre Laurent Lamothe a lancé un appel à la solidarité pour diminuer les risques de famine et de choléra.

La recrudescence des cas de choléra est attribuable aux infrastructures sanitaires qui ont été endommagées par l'ouragan. Le système d'aqueduc est rompu à plusieurs endroits et les Haïtiens se trouvent forcés de boire l'eau des rivières.

La famine menace de son côté à cause de la destruction de plusieurs récoltes dans le sud du pays. L'ouragan est malheureusement survenu alors que les agriculteurs s'apprêtaient à récolter leur production.

Le secteur agricole enregistre des pertes de 104 millions de dollars.

Cette situation pourrait créer une pression à la hausse sur les prix des denrées alimentaires, ce qui pourrait causer la colère de la population et donner lieu à des manifestations populaires.

Les statistiques de la Croix-Rouge dénombrent une cinquantaine de morts et plus de 20 000 sans-abri dans le pays.