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04/11/2012 02:03 EST | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

L'opposition syrienne tente à nouveau de s'unifier

Les groupes d'opposition au régime de Bachar Al-Assad se rencontrent dimanche, dans la capitale du Qatar. Leurs représentants s'efforceront à nouveau de s'unifier et de se donner un gouvernement.

Le rassemblement durera quatre jours. L'objectif est d'élargir de la composition du Conseil national syrien (CNS). L'instance critiquée pour son manque de représentativité compte présentement 200 membres, mais l'objectif est de doubler ce nombre.

Des comités exécutifs doivent être créés, et un nouveau président doit aussi être élu. Mais les négociations s'annoncent difficiles à cause des divers rapports de force au sein des groupes d'opposition.

Or, si ce processus peut être achevé, le CNS passera alors à une nouvelle étape, soit la formation d'une nouvelle instance civile de 50 membres, qui nommerait par la suite un gouvernement provisoire. Cela permettrait idéalement un commandement militaire unifié sur le terrain.

Par ailleurs, ce gouvernement provisoire pourrait rendre les forces rebelles plus crédibles sur la scène internationale et améliorerait le dialogue avec les puissances étrangères comme les pays occidentaux, la Turquie ou les pays du Golfe, dans le cadre du conflit.

L'acheminement d'armes antichars et antiaérienne potentiellement décisives dans la bataille pourrait aussi s'en trouver facilité.

En juillet dernier, un autre rassemblement anti-Assad avait échoué à former un gouvernement provisoire.

Armée de l'air et rebelles syriens multiplient les attaques

Pendant ce temps, sur le terrain, l'armée de l'air syrienne mène des raids sur la capitale, Damas, dimanche. Les rebelles continuent de gagner du terrain, prenant des positions aux troupes du régime de Bachar Al-Assad dans plusieurs régions.

Pour la première fois depuis le début du conflit, les rebelles ont pris le contrôle d'un important champ pétrolier, dans la province de Deir Ezzor. Ils ont fait cette prise à l'issue de trois jours de combats contre les troupes gouvernementales qui protégeaient les installations, affirme l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Les combattants rebelles ont aussi multiplié les attaques contre l'armée de l'air. Ils ont notamment assailli une base aérienne du nord du pays pour tenter d'isoler Alep de Damas et de s'emparer d'un axe stratégique Nord-Sud.

La rébellion a également progressé à Douma, dans la banlieue de Damas, où elle aurait pris le contrôle de trois importants bâtiments tenus par l'armée.

La télévision officielle syrienne a rapporté un attentat « terroriste » survenu « derrière l'hôtel Dama Rose près d'un stationnement » d'un syndicat proche du pouvoir à Damas, « faisant des blessés et causant des dégâts matériels ».

L'acteur syrien et défenseur du régime, Mohamed Rafe, aurait également été abattu par des rebelles qui l'accusaient de faire partie des milices chabbiha, selon ce que rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Citant des militants sur place, l'ONG affirme qu'il fournissait aux renseignements syriens des informations sur les manifestants hostiles au régime. L'acteur avait été enlevé dans la nuit de vendredi à samedi dans le quartier de Barzé à Damas, toujours selon l'OSDH.

Outre Damas et ses environs, des combats, du pilonnage et des bombardements aériens étaient rapportés dimanche dans la localité de Zamalka, dans les différents quartiers d'Alep et plus au sud, à Deraa.

Ces nouveaux affrontements surviennent au lendemain d'une journée particulièrement meurtrière avec 194 personnes tuées, dont 36 seulement lors d'un pilonnage par l'armée régulière de la région d'Idleb, au nord-ouest du pays.

Ces combats ont également lieu dans la foulée de la diffusion de vidéos montrant des rebelles syriens achever à l'arme automatique des soldats loyalistes, des images qui ont provoqué l'indignation de l'Organisation des Nations unies (ONU) et d'ONG internationales.

Selon l'OSDH, plus de 36 000 Syriens ont été tués dans les affrontements entre les rebelles et les forces du régime de Damas depuis le début du conflit à la mi-mars 2011.