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04/11/2012 01:35 EDT | Actualisé 04/01/2013 05:12 EST

Le chef de la diplomatie russe au Caire pour évoquer la crise syrienne

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est entretenu dimanche soir avec l'émissaire international Lakhdar Brahimi et le secrétaire général de la Ligue arabe de la Syrie, dont Moscou est un indéfectible allié, mais aucun terrain d'entente n'a été trouvé.

"Nous avons discuté entre nous de la situation en Syrie (...), passé en revue ce qui s'est fait jusqu'ici et vu s'il y avait des moyens d'aller de l'avant", a déclaré le secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi, lors d'une conférence de presse commune à l'issue de discussions au Caire avec M. Lavrov et M. Brahimi.

"Et il faut que nous soyons clairs: il n'y a eu accord sur rien", a-t-il affirmé.

"Mais nous avons discuté de l'ensemble des aspects de la situation. Chaque partie a évoqué l'importance d'aller de l'avant. Il y a des idées diverses, mais rien de précis", a-t-il ajouté.

M. Lavrov a de son côté insisté sur la nécessité de "convaincre les parties syriennes de cesser le feu et de s'asseoir pour des négociations conformément à l'accord de Genève".

Cet accord sur les principes d'une transition en Syrie a été adopté le 30 juin à Genève par le Groupe d'action sur la Syrie. Il ne contient aucun appel au président syrien Bachar al-Assad à renoncer au pouvoir alors qu'Occidentaux et certains pays arabes, ainsi que l'opposition syrienne, exigent son départ.

Le ministre russe a dit que son pays avait "soutenu les nobles aspirations des peuples arabes, mais qu'il ne faut pas permettre que ces aspirations soient exploitées et que la région se transforme en foyer pour le terrorisme et le trafic d'armes et de drogue", selon une traduction en arabe de ses propos.

M. Brahimi a pour sa part répété que "la situation en Syrie est très mauvaise et qu'elle empire de jour en jour".

"Il n'y a pas de solution militaire. Soit il y a une solution politique, un processus politique, soit l'avenir de la Syrie sera très mauvais (...). Il faut que les membres du Conseil de sécurité, il n'y a pas d'autre moyen, continuent de parler ensemble", a-t-il dit.

La Russie, partenaire de longue date du régime syrien auquel elle livre des armes malgré les critiques occidentales, a bloqué trois fois avec la Chine les résolutions occidentales à l'ONU visant à faire pression par la menace de sanctions sur le régime de Bachar al-Assad.

M. Lavrov doit aussi s'entretenir au Caire avec le président Mohamed Morsi et son homologue égyptien Mohamed Kamel Amr de la Syrie mais aussi de la Libye, un an après qu'une révolte armée a mis fin au règne de Mouammar Kadhafi, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

Il se rendra ensuite, lundi et mardi, en Jordanie pour discuter avec le roi Abdallah II de la situation en Syrie.

Depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a recensé plus de 36.000 morts en Syrie.

"Les discussions et le dialogue avec la Russie doivent continuer. Cela fait partie des efforts internationaux déployés pour faire cesser les violences et les tueries en Syrie", a dit le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Jawdeh, après un entretien à Koweït avec son homologue koweïtien cheikh Sabah Khaled Al-Sabah.

Il a appelé la communauté internationale à augmenter son aide aux réfugiés syriens à l'approche de l'hiver, indiquant que plus de 210.000 de ces réfugiés se trouvaient en Jordanie.

Pour sa part, cheikh Sabah a indiqué que les ministres des Affaires étrangères des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devaient rencontrer à la mi-novembre M. Lavrov pour un entretien sur la crise syrienne, mais sans préciser le lieu de la rencontre.

Alors que la Jordanie et les monarchies du Golfe, emmenées par l'Arabie saoudite et le Qatar, soutiennent l'opposition et la rébellion en Syrie, la Russie est un allié du régime de Damas.

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